Une deuxième journée de solidarité pourrait-elle voir le jour ?

Une deuxième journée de solidarité a été évoquée dans le débat budgétaire, relançant les discussions sur le financement de la protection sociale.

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Une deuxième journée de solidarité pourrait-elle voir le jour ? - Crédit : Stéphane Mahe/Pool/AFP | Econostrum.info

Dans les cadre du budget 2027, le financement de la protection sociale revient au centre des discussions. Parmi les pistes évoquées, l’idée d’une deuxième journée de solidarité a rapidement suscité de vives réactions de part et d’autre. Matignon a donc tenu à clarifier les choses.

Invitée de l’émission « Les 4 Vérités » sur France 2 le vendredi 4 septembre, Stéphanie Rist était interrogée sur les solutions possibles pour financer la protection sociale. À propos d’une éventuelle nouvelle journée de solidarité, elle avait laissé entendre que cela était possible. « Le financement de notre protection sociale doit être posé. Ça peut être une mesure comme cela », avait-elle expliqué. La déclaration a alors rapidement provoqué de vives réactions.

Quelques heures plus tard, Matignon a donc tenu à démentir cette hypothèse. L’entourage du Premier ministre Sébastien Lecornu a affirmé que « Ce n’est pas une piste », rapporte le Parisien. La ministre de la Santé a ensuite publié un message sur le réseau social X afin de mettre elle aussi fin à la polémique. « Que les choses soient claires : jamais le gouvernement n’a évoqué la création d’un deuxième jour de solidarité dans la construction du budget qui vient », a-t-elle écrit.

Une journée de solidarité en place depuis 2004

C’est en 2003 que la journée de solidarité actuelle a été mise en place, celle-ci avait été crée après la canicule mortelle qui avait fait environ 15 000 décès en France. L’objectif de cette mesure était alors de renforcer le financement des dispositifs destinés aux personnes âgées et aux personnes en situation de handicap. Le mécanisme repose sur la contribution solidarité autonomie (CSA), les employeurs de leur côté versent une contribution correspondant à 0,3 % de leur masse salariale. 

À l’origine, le gouvernement avait choisi le lundi de Pentecôte comme journée de solidarité. Durant cette journée, les salariés travaillaient sans rémunération, tandis que les employeurs versaient la contribution prévue. Depuis 2008, le lundi de Pentecôte est redevenu un jour férié dans la majorité des entreprises. De son côté, la journée de solidarité existe toujours, mais son organisation dépend désormais des accords collectifs ou des décisions prises dans les entreprises et administrations.

Chaque année, la journée de solidarité rapporte plusieurs milliards d’euros à la CNSA. En 2024, les recettes liées à la CSA représentaient environ 3 milliards d’euros.

Le financement de la protection sociale au centre des débats

Si la deuxième journée de solidarité est exclue, la question du financement de la protection sociale reste ouverte. Le vieillissement de la population augmente les besoins liés à la dépendance et aux dépenses de santé, alors que les comptes publics restent sous pression. Cette recherche d’économies intervient dans un contexte budgétaire tendu. Le gouvernement prépare le budget 2027 avec l’objectif de réduire le déficit public. Sébastien Lecornu a indiqué vouloir éviter des mesures trop difficiles à faire accepter politiquement.

L’hypothèse d’une nouvelle journée travaillée sans rémunération avait déjà suscité de fortes critiques auparavant. À l’été 2026, François Bayrou avait de son côté proposé la suppression de deux jours fériés afin de dégager des recettes supplémentaires. Une mesure devait rapporter environ 4,2 milliards d’euros par an, mais elle a vite été abandonné après les fortes contestations.

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