La Direction générale des finances publiques commence à informer individuellement les 678 000 particuliers et professionnels concernés par la cyberattaque qui a touché son système d’information. Depuis le 17 août, les usagers concernés reçoivent progressivement un courriel ou, lorsque l’administration ne dispose pas de leur adresse électronique, un courrier postal. La DGFiP a également rendu public le modèle de son message afin de permettre aux contribuables de reconnaître une véritable notification et de se méfier des tentatives d’hameçonnage qui pourraient profiter de l’affaire.
Le message officiel ne demande aucune information confidentielle. La DGFiP précise que les personnes concernées sont informées des données susceptibles d’avoir été consultées ou extraites et, le cas échéant, des mesures de vigilance à adopter. L’administration rappelle par ailleurs qu’elle ne demande pas de coordonnées bancaires, de mots de passe ou de codes confidentiels par courriel ou par téléphone. Pour les échanges sensibles, elle privilégie sa messagerie sécurisée accessible depuis son site officiel.
Cette campagne d’information fait suite à l’intrusion révélée en août. Les investigations ont établi que des accès illégitimes au système d’information de la DGFiP avaient eu lieu en juin et juillet 2026, à la suite de l’usurpation des identifiants d’un agent de la DGFiP et d’un tiers habilité. Les accès avaient été interrompus, mais les investigations ont ensuite permis d’établir que certaines données avaient été consultées et extraites.
Quelles données fiscales ont pu être exposées ?
Les informations concernées ne sont pas les mêmes pour tous les usagers. La DGFiP indique notamment que les données fiscales susceptibles d’avoir été consultées comprennent le revenu fiscal de référence, le quotient familial et le taux de prélèvement à la source. Pour les entreprises, certaines informations comme la raison sociale ou le numéro SIREN peuvent également être concernées. Des données cadastrales portant notamment sur les adresses et les surfaces de biens immobiliers ont aussi été consultées.
En revanche, les éléments disponibles indiquent que les espaces personnels et professionnels ainsi que les identifiants et mots de passe n’ont pas été compromis. Cela ne signifie pas pour autant que les victimes ne courent aucun risque. La combinaison de données fiscales et personnelles précises peut permettre à des escrocs de construire des scénarios d’hameçonnage particulièrement crédibles.
Les fraudeurs peuvent notamment se faire passer pour un agent des finances publiques, une banque, un conseiller ou un autre organisme administratif. Ils peuvent utiliser des informations réelles concernant leur cible pour gagner sa confiance et tenter ensuite d’obtenir un code, des coordonnées bancaires ou un accès à un compte.
Comment reconnaître une véritable notification des impôts ?
La publication du modèle de courrier répond précisément à ce risque. Les personnes concernées doivent surtout retenir qu’un message de la DGFiP destiné à les informer de la fuite ne leur demandera pas de communiquer des informations confidentielles. Toute demande de coordonnées bancaires, de mot de passe ou de code reçue dans le prolongement de cette affaire doit donc être considérée avec la plus grande prudence.
Le même principe vaut pour les appels téléphoniques. L’expert en cybersécurité Christophe Mazzola résume la précaution à adopter ainsi : « la règle qui couvre tout ça tient en une phrase : on ne traite jamais une demande dans le canal par lequel elle est arrivée, explique sur X l’expert en cybersécurité Christophe Mazzola. Vous raccrochez, vous cherchez le numéro officiel vous-même, vous rappelez. Y compris quand la personne en face semble tout savoir de votre dossier. Surtout quand elle semble tout savoir de votre dossier », rapporte La Nouvelle République.
La DGFiP appelle donc les 678 000 usagers concernés à redoubler de vigilance dans les prochaines semaines. La publication du véritable courrier doit permettre de distinguer l’information officielle des faux messages qui pourraient être envoyés par des escrocs exploitant la cyberattaque.








