Les taux de crédit immobilier restent stables en août : une hausse se profile-t-elle à la rentrée ?

Une remontée à la rentrée n’est pas exclue.

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Crédit immobilier
Crédit immobilier : vers la fin du taux fixe en France ? Crédit : Shutterstock | Econostrum.info

Le marché du crédit immobilier marque une pause au mois d’août. Selon le dernier baromètre publié par Empruntis le 10 août 2026, les banques conservent globalement leurs barèmes de juillet sur les principales durées d’emprunt. Cette stabilité offre encore une certaine visibilité aux ménages ayant un projet immobilier, même si plusieurs indicateurs financiers pourraient compliquer la situation à la rentrée.

Les taux moyens affichés par Empruntis s’établissent actuellement à 3,25 % sur 10 ans, 3,35 % sur 15 ans, 3,45 % sur 20 ans et 3,55 % sur 25 ans. Du côté des meilleurs taux réservés aux dossiers les plus solides, ils atteignent respectivement 2,75 %, 2,85 %, 3 % et 3,25 %. Sur 25 ans, le meilleur taux a toutefois progressé de 5 points de base par rapport au mois précédent.

Ces chiffres constituent des repères et non une promesse de taux pour chaque emprunteur. Le taux proposé par une banque dépend notamment des revenus, de l’apport, de la stabilité professionnelle, du niveau d’endettement et du montant du projet. Un ménage présentant un dossier moins favorable peut donc se voir proposer un taux supérieur au barème moyen.

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Pourquoi les taux restent calmes en plein été

La période estivale contribue à cette accalmie. Le traitement des dossiers ralentit traditionnellement en août, tandis que les banques concentrent davantage leurs efforts sur les demandes les mieux préparées. Cette saisonnalité limite les mouvements rapides sur les grilles de crédit.

La politique de la Banque centrale européenne constitue également un élément important à surveiller. Après avoir relevé ses trois taux directeurs de 25 points de base en juin, la BCE les a laissés inchangés lors de sa réunion du 23 juillet. Le taux de la facilité de dépôt reste ainsi à 2,25 %, celui des opérations principales de refinancement à 2,40 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,65 %.

La BCE souligne par ailleurs que l’incertitude reste élevée, notamment en raison de l’évolution des prix de l’énergie et du contexte géopolitique. Elle ne s’est engagée sur aucune trajectoire future de taux et indique que ses prochaines décisions dépendront des données économiques et de l’évolution de l’inflation.

Cette situation explique pourquoi une baisse rapide des taux immobiliers n’est pas acquise. Les banques déterminent leurs conditions de crédit en fonction de leurs propres coûts de financement, de la concurrence et des conditions observées sur les marchés obligataires, et pas uniquement en fonction des décisions de la BCE.

Une rentrée sous surveillance pour les emprunteurs

Le principal point d’attention concerne désormais les prochaines semaines. Empruntis estime que la stabilité observée en août pourrait être fragile et évoque un risque de remontée des barèmes à la rentrée, notamment si les conditions de financement des banques se dégradent. L’évolution des obligations assimilables du Trésor français à 10 ans, référence importante pour les marchés, sera donc particulièrement surveillée.

Pour un particulier, une variation même limitée du taux peut avoir un impact sur le coût total d’un emprunt lorsqu’elle s’applique pendant 20 ou 25 ans. Il reste donc essentiel de comparer les propositions bancaires et de regarder le TAEG, qui intègre notamment les intérêts, certains frais et le coût de l’assurance emprunteur, plutôt que de se focaliser uniquement sur le taux nominal.

À court terme, les chiffres du 10 août ne montrent donc pas de remontée généralisée : les taux moyens restent inchangés sur les quatre principales durées suivies par Empruntis. La question porte davantage sur la rentrée. Si les tensions sur les marchés obligataires se prolongent ou si les banques ajustent leurs politiques commerciales, les conditions de crédit pourraient devenir moins favorables dans les prochains mois. À l’inverse, une détente des marchés pourrait permettre aux barèmes de rester proches de leurs niveaux actuels.

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