Après plusieurs semaines de hausse, les automobilistes pourraient bénéficier d’un répit à la pompe. Le syndicat Mobilians, qui représente notamment les distributeurs de carburants, anticipe une évolution favorable des tarifs dans les prochains jours. Mais l’ampleur de cette baisse dépendra encore de plusieurs facteurs.
Francis Pousse, président national des distributeurs de carburants et d’énergies nouvelles au sein de Mobilians, estime que le recul récent des cours pétroliers devrait rapidement se répercuter sur les prix pratiqués dans les stations-service. Interrogé par La Dépêche, il avance une baisse potentielle de 10 à 12 centimes par litre pour le gazole et de 7 à 8 centimes pour le sans-plomb 95.
Ces estimations interviennent alors que les prix atteignaient encore des niveaux particulièrement élevés en début de semaine. Selon le rapport hebdomadaire du gouvernement cité par Francis Pousse, le gazole était à environ 2,20 euros le litre lundi 3 août, tandis que le sans-plomb 95 dépassait légèrement 2 euros le litre. Si les conditions de marché restent favorables, ces niveaux pourraient donc sensiblement reculer.
« Pour le gazole, on parle d’une baisse potentielle de 10 à 12 centimes par litre. Pour le sans-plomb 95, il faut compter une baisse de 7 à 8 centimes », indique Francis Pousse à La Dépêche. Le responsable de Mobilians ajoute : « Si tout continue ainsi, la baisse va se voir très clairement à la pompe dès ce week-end ».
Pour un automobiliste qui effectue un plein de 50 litres, une baisse de 10 à 12 centimes représenterait théoriquement 5 à 6 euros d’économie sur un plein de gazole. Pour 50 litres de sans-plomb 95, une diminution de 7 à 8 centimes correspondrait à 3,50 à 4 euros.

Ces montants restent toutefois des projections. Toutes les stations ne répercutent pas nécessairement les évolutions du marché au même moment. La rotation des stocks joue notamment un rôle important : une station ayant acheté son carburant lorsque les cours étaient plus élevés peut mettre davantage de temps à afficher les nouveaux tarifs.
Le baril ne suffit pas à expliquer le prix des carburants
La baisse du pétrole brut constitue un facteur important, mais elle ne détermine pas à elle seule le prix payé par les automobilistes. Entre le cours du baril et le tarif affiché dans une station-service interviennent notamment le prix des produits raffinés, les coûts de fabrication, le transport et la disponibilité des carburants sur les marchés internationaux.
Francis Pousse résume cette mécanique ainsi : « Le baril n’est qu’un étalon indicatif ». Il précise également que « chaque carburant – le sans-plomb, le gazole, le fioul ou le carburant d’aviation – possède sa propre cotation sur ce marché ».
Les cotations des produits raffinés, notamment celles de la place de Rotterdam, constituent donc un indicateur essentiel pour comprendre les variations des prix à la pompe. Le coût du pétrole brut reste la matière première à l’origine de ces évolutions, mais d’autres paramètres peuvent amplifier ou limiter leur répercussion.
Le contexte international reste par ailleurs un élément de vigilance. Les tensions géopolitiques peuvent provoquer de nouvelles variations rapides des cours et donc des tarifs des carburants. Francis Pousse met notamment en garde contre la situation autour du détroit d’Ormuz : «si le contexte géopolitique (notamment à Ormuz, ndlr) continue de faire le yo-yo, nous subirons de nouvelles hausses».
La baisse annoncée pour le week-end des 8 et 9 août constitue donc un possible répit pour les automobilistes, mais son ampleur réelle dépendra de l’évolution des marchés et du renouvellement des stocks dans chaque station








