Le taux de chômage en France a progressé au deuxième trimestre pour atteindre 8,3 %, selon les dernières données publiées par l’Insee. Cette hausse de 0,2 point porte le nombre de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT) à 2,7 millions de personnes.
Au deuxième trimestre, le nombre de personnes sans emploi et recherchant activement un travail a augmenté de 62 000 personnes par rapport aux trois mois précédents. Selon l’Insee, le taux de chômage atteint désormais son niveau le plus élevé depuis le troisième trimestre 2020, période marquée par les conséquences économiques de la crise sanitaire.
L’institut précise également que le niveau actuel reste inférieur au pic enregistré à la mi-2015. Le taux de chômage demeure ainsi 2,2 points sous ce sommet historique récent. Les données publiées intègrent désormais Mayotte dans leur champ de calcul. Les séries statistiques ont été recalculées afin de permettre des comparaisons entre les différentes périodes. L’Insee précise que cette modification change seulement à la marge les niveaux des principaux indicateurs du marché du travail.

Toutes les catégories d’âge touchées par la hausse du chômage
La progression du chômage concerne l’ensemble des tranches d’âge. Chez les jeunes de 15 à 24 ans, le taux de chômage augmente de 0,4 point pour atteindre 21,6 %. Pour les actifs âgés de 25 à 49 ans, il progresse de 0,2 point, à 7,5 %, un niveau qui n’avait pas été observé depuis le premier trimestre 2021. Les personnes âgées de 50 ans et plus enregistrent également une hausse, avec un taux de chômage à 5,5 %, soit une progression de 0,3 point. Il s’agit du niveau le plus élevé depuis le premier trimestre 2022.

L’Insee souligne que la mise en œuvre de la loi pour le plein-emploi, entrée en vigueur en janvier 2025, joue un rôle dans l’évolution des chiffres. Cette réforme prévoit notamment l’inscription automatique de certains publics, comme les bénéficiaires du RSA et les jeunes de 15 à 29 ans concernés par l’accompagnement, sur les listes des demandeurs d’emploi. Selon l’institut, ces catégories contribuent pour près de la moitié à la hausse du taux de chômage observée depuis cette réforme.
Même sans tenir compte de cet effet statistique, l’objectif fixé par Emmanuel Macron d’atteindre un taux de chômage de 5 % en 2027 apparaît plus difficile à atteindre.
Le halo autour du chômage reste stable
Au-delà des personnes comptabilisées comme chômeurs au sens du BIT, une partie de la population souhaite travailler sans être considérée comme au chômage. Ce groupe, appelé halo autour du chômage, rassemble environ 1,9 million de personnes. Il comprend notamment des personnes qui ne recherchent pas activement un emploi ou qui ne sont pas disponibles immédiatement. L’Insee indique que ce nombre reste presque stable sur le trimestre, avec une évolution de seulement 6 000 personnes.

Face à ces chiffres, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou estime que le marché du travail français reste solide malgré un contexte économique difficile. Il a identifié plusieurs priorités : accompagner l’insertion des jeunes, favoriser le maintien dans l’emploi des travailleurs expérimentés et adapter les compétences aux besoins des secteurs qui recrutent. Le gouvernement cite notamment des domaines comme le nucléaire, la transition écologique ou encore l’industrie de défense.
Les prochains mois seront déterminants pour observer l’évolution du chômage et la capacité du marché du travail à absorber les nouvelles entrées parmi les demandeurs d’emploi.








