À quelques semaines des premières discussions budgétaires et alors que les syndicats préparent une journée nationale de mobilisation à la rentrée, le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, a pris position sur le rôle des fonctionnaires dans le débat sur les finances publiques.
Invité de l’émission Questions politiques de France Inter, France Info TV et Le Monde dimanche 28 juin, il a estimé que les agents publics ne devaient pas être tenus responsables de la dégradation des comptes de l’État, tout en reconnaissant que la question des rémunérations reste un sujet majeur dans la fonction publique.
Les déclarations du ministre interviennent dans un contexte de fortes tensions avec les organisations syndicales. Le 24 juin, les huit syndicats représentatifs de la fonction publique ( CGT, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC, FA-FP et leurs fédérations) ont appelé les quelque 6 millions de fonctionnaires à une journée de mobilisation et de manifestations le 29 septembre 2026, « intégrant la perspective d’une grève ». Ils dénoncent « l’absence de réponse salariale immédiate du gouvernement » et réclament plusieurs mesures en faveur du pouvoir d’achat.
Les syndicats demandent notamment une « revalorisation significative » de la valeur du point d’indice, qui sert de base au calcul d’une partie des rémunérations et qui est gelé depuis trois ans. Ils souhaitent également le rétablissement de la garantie individuelle du pouvoir d’achat (Gipa), suspendue depuis 2024, ainsi qu’une refonte des grilles indiciaires afin d’améliorer les perspectives de carrière des agents.
Face à ces revendications, David Amiel a assuré vouloir poursuivre les échanges avec les partenaires sociaux. « Nous avons un dialogue avec les organisations syndicales. On est dans une situation de finances publiques compliquée. Je recevrai évidemment les organisations syndicales au début du mois de juillet pour avoir la discussion avec eux », a-t-il déclaré.
Le gouvernement reconnaît un problème d’attractivité dans la fonction publique
Le ministre a également souhaité dissocier les difficultés budgétaires du nombre de fonctionnaires. « Je refuse que les fonctionnaires soient les boucs émissaires de nos difficultés de finances publiques », a-t-il affirmé. « Ce n’est pas de la faute des fonctionnaires. Ce n’est pas (le) nombre d'emplois dans la fonction publique de l’État qui a creusé les déficits publics ces dernières années », a-t-il ajouté, estimant que les dépenses sociales expliquent davantage la dérive des finances publiques.
David Amiel a toutefois reconnu les difficultés rencontrées par les agents en matière de rémunération et d’évolution de carrière. « Il y a eu, vous le savez, ces dernières années, des augmentations pour un certain nombre d’agents publics, pour les enseignants en début de carrière (…) Mais effectivement, le problème majeur qu’on a dans la fonction publique, c’est ce sentiment que parfois, et même souvent, les efforts ne payent pas assez », a-t-il expliqué.
Selon lui, le fonctionnement actuel des carrières mérite d’être revu. « C’est-à-dire que les promotions viennent trop tardivement, trop lentement, ne vont pas avec une augmentation de la rémunération », a poursuivi le ministre.
Les discussions qui s’ouvriront début juillet entre le gouvernement et les syndicats devraient permettre de préciser les marges de manœuvre de l’exécutif avant la préparation du budget 2027. Les organisations syndicales préviennent toutefois qu’en l’absence d’annonces concrètes sur les salaires, elles maintiendront leur appel à la mobilisation du 29 septembre.








