Le Medef veut faire contribuer les retraités à plus 2 000 euros pour relever le salaire des actifs

Le Medef propose de faire davantage contribuer certains retraités pour financer une hausse du pouvoir d’achat des actifs.

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Retraités à plus 2 000 euros visés : la proposition du Medef pour relever les salaires - Crédit : REUTERS/Abdul Saboor | Econostrum.info

Le Medef revient à la charge sur le financement du modèle social français. Invité de BFMTV mardi 23 juin, son président, Patrick Martin, a défendu un vaste projet de réforme visant à augmenter les salaires nets des actifs tout en allégeant le coût du travail pour les entreprises. Pour financer cette transformation, l’organisation patronale propose notamment de faire davantage contribuer certains retraités, en ciblant ceux qui perçoivent plus de 2 000 euros de pension mensuelle.

Selon Patrick Martin, la France fait face à une urgence économique et sociale. « Dans les années 60, il fallait seize ans, à un Français, pour doubler son pouvoir d’achat. Dorénavant, il faut 106 ans », a-t-il déclaré sur BFMTV. Le dirigeant patronal estime que cette dégradation explique en partie le pessimisme des ménages et les difficultés persistantes liées au pouvoir d’achat.

Pour tenter d’inverser cette tendance, le Medef souhaite modifier en profondeur le financement de la protection sociale. L’objectif affiché est d’augmenter directement les revenus des salariés tout en améliorant la compétitivité des entreprises françaises.

Un transfert de 60 milliards d’euros de cotisations sociales

La mesure centrale du plan consiste à transférer 60 milliards d’euros de cotisations sociales, principalement liées aux branches maladie et famille. Selon Patrick Martin, il n’existe « aucune raison » pour que les entreprises et les salariés supportent l’essentiel du financement d’un système de solidarité bénéficiant à l’ensemble de la population.

Le patron du Medef affirme qu’une telle réforme permettrait aux entreprises de bénéficier d’un gain net estimé à 16 milliards d’euros, favorisant selon lui l’investissement, l’emploi et la croissance. Cette stratégie s’inscrit dans une ligne défendue depuis plusieurs années par l’organisation patronale, qui juge le coût du travail trop élevé en France par rapport à plusieurs pays concurrents.

Pour financer ce transfert massif, le Medef propose notamment une hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) pour les retraités les plus aisés. Patrick Martin a évoqué un seuil fixé « à partir de 2 000 euros de pension mensuelle ». À ce stade, aucun taux précis d’augmentation n’a toutefois été présenté.

Hausse de la TVA : une autre piste qui divise

L’organisation patronale défend également le principe d’une « TVA sociale ». Concrètement, il s’agirait d’augmenter la taxe sur la valeur ajoutée afin de financer une partie de la protection sociale tout en réduisant les cotisations pesant sur le travail.

Patrick Martin a notamment évoqué un relèvement de deux points des taux de TVA, tout en préservant les taux réduits appliqués aux produits de première nécessité. Le président du Medef rappelle que la protection sociale française est déjà financée en partie par la TVA et par la CSG.

Les chiffres disponibles montrent toutefois l’ampleur des enjeux. Selon une étude de l’Institut des politiques publiques, une hausse d’un point de TVA pourrait rapporter environ 8,2 milliards d’euros nets aux finances publiques. Une augmentation de deux points représenterait donc potentiellement un rendement nettement supérieur, même si les effets réels dépendraient des mécanismes de compensation mis en place.

Cette proposition suscite cependant des critiques. Contrairement à la hausse de CSG ciblée sur certains retraités, une augmentation de la TVA toucherait l’ensemble des consommateurs, quels que soient leurs revenus. Les ménages modestes pourraient ainsi être davantage affectés par la hausse des prix à la consommation.

Au-delà de ces mesures, Patrick Martin a confirmé que le Medef ne participerait pas à la prochaine Conférence travail emploi retraites (CTER), estimant que l’exercice ne répond pas aux enjeux économiques du moment. Pour l’organisation patronale, la priorité doit désormais être donnée à l’emploi, à la compétitivité des entreprises et au pouvoir d’achat des actifs, dans un contexte marqué par le ralentissement économique et les tensions persistantes sur les finances publiques

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