Le nouveau congé de naissance cache une mauvaise surprise pour les salariés au-dessus de 4 005 euros

À partir du 1er juillet, le nouveau congé de naissance pourrait réserver une mauvaise surprise aux salariés les mieux rémunérés.

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Congé de naissance
Le nouveau congé de naissance cache une mauvaise surprise pour les salariés au-dessus de 4 005 euros - Crédit : Canva | Econostrum.info

À partir du 1er juillet, les jeunes parents pourront bénéficier d’un nouveau congé de naissance venant s’ajouter aux congés de maternité, de paternité et d’adoption. Chaque parent pourra prendre un ou deux mois de congé indemnisé, afin de prolonger sa présence auprès de son enfant durant ses premiers mois de vie. Si le dispositif promet une indemnisation de 70 % du salaire net le premier mois puis 60 % le second, tous les salariés ne percevront pas ces pourcentages sur l’intégralité de leur rémunération. Pour les revenus les plus élevés, le manque à gagner peut rapidement atteindre plusieurs milliers d’euros.

Le nouveau congé supplémentaire de naissance est ouvert aux salariés du secteur privé, aux agents publics et aux travailleurs indépendants remplissant les conditions d’ouverture des droits. Il constitue un droit individuel : chaque parent peut prendre un ou deux mois de congé, simultanément ou en alternance avec l’autre parent. Le congé peut également être fractionné en deux périodes d’un mois et doit être pris dans les neuf mois suivant la naissance ou l’arrivée de l’enfant au foyer, après les congés de maternité, de paternité ou d’adoption.

Le nouveau congé de naissance cache une mauvaise surprise pour les salariés au-dessus de 4 005 eurosPin

Pour les salariés du privé, les indemnités sont calculées sur la moyenne des trois derniers mois de salaire. Le premier mois est indemnisé à 70 % du salaire net, le second à 60 %. Mais un élément change tout : la rémunération prise en compte est plafonnée au plafond mensuel de la Sécurité sociale, fixé à 4 005 euros au 1er janvier 2026. Toute rémunération dépassant ce montant est exclue du calcul des indemnités, rapporte Capital.

Cette règle suscite déjà de nombreuses interrogations dans les entreprises. « La question qui revient le plus souvent est celle de l’indemnisation. Les salariés veulent savoir combien ils toucheront réellement », confirme Soléna Busson-Mars, porte-parole et membre du bureau national de l’ANDRH (Association nationale des directeurs des ressources humaines).

Jusqu’à près de 7 000 euros de perte sur deux mois

Le plafonnement a des conséquences directes sur les salariés les mieux rémunérés. Avec un salaire net de 4 005 euros par mois, un parent percevrait environ 2 804 euros le premier mois puis 2 403 euros le second. Le manque à gagner atteint déjà près de 2 800 euros sur deux mois.

Pour un salarié gagnant 5 000 euros net par mois, la perte de revenus peut approcher 4 800 euros sur la durée maximale du congé. Avec une rémunération de 6 000 euros net, elle peut dépasser 6 800 euros. « Pour un salarié qui gagne 5 000 euros nets par mois, l’écart devient significatif. Non seulement l’indemnisation est limitée à 70 % puis 60 %, mais elle est aussi calculée sur une rémunération plafonnée », souligne Soléna Busson-Mars.

Selon l’ANDRH, cette situation pourrait conduire certains cadres à revoir leur projet de congé. « Certains cadres nous interrogent déjà sur ce point », explique sa porte-parole. « Les salariés les mieux rémunérés pourraient n’utiliser qu’un seul mois au lieu de deux », estime-t-elle.

Une partie de cette perte de revenus pourrait toutefois être compensée dans certaines entreprises. « Certaines conventions collectives ou certains accords d’entreprise pourront prévoir un maintien total ou partiel de la rémunération. Mais rien dans les textes n’impose aujourd’hui un tel complément aux entreprises », rappelle Soléna Busson-Mars.

Malgré cette limite, l’ANDRH estime que la réforme constitue une avancée importante. « Ce congé représente une avancée pour le partage de la parentalité et l’égalité professionnelle », souligne l’organisation, qui observe déjà un intérêt croissant des pères pour ce nouveau droit. « Il faudra une indemnisation suffisamment attractive pour les salariés et un accompagnement permettant aux entreprises, notamment les PME et TPE, de s’organiser sereinement », conclut-elle.

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