Le dernier baromètre OpinionWay pour Aramisauto, relayé par BFM Business, dresse un constat sans ambiguïté : la voiture est désormais perçue comme un bien de luxe pour une grande partie des ménages européens. Selon cette étude, 80% des Européens estiment que posséder une voiture est devenu un luxe, un chiffre qui grimpe à 86% en France. Cette perception traduit une tension croissante entre le besoin de mobilité et la réalité économique des ménages.
Dans les faits, la voiture reste pourtant centrale dans la vie quotidienne. Deux Européens sur trois l’utilisent pour se rendre au travail, et 88% des Européens ainsi que 91% des Français déclarent qu’ils ne pourraient pas se déplacer librement sans véhicule individuel. Ce paradoxe souligne une dépendance forte à l’automobile, malgré son coût de plus en plus difficile à assumer.
En France, la pression financière est particulièrement marquée. Le budget moyen disponible pour financer l’achat d’un véhicule neuf ou d’occasion est évalué à 283 euros par mois selon le baromètre. Cette contrainte place les automobilistes français en bas du classement européen, loin derrière les Autrichiens (443 euros), les Allemands (387 euros) ou encore les Espagnols (335 euros). Cette baisse de capacité budgétaire s’inscrit dans un contexte de hausse des coûts d’achat, d’entretien, de carburant et de fiscalité, la France étant l’un des marchés les plus taxés d’Europe.
Une pression budgétaire qui transforme les comportements d’achat
Cette tension sur les budgets automobiles modifie profondément les comportements des consommateurs. Toujours selon l’étude, 98% des automobilistes français estiment que l’usage d’un véhicule est coûteux, et pour 57% d’entre eux, la voiture représente même le premier poste de dépense du foyer. Le phénomène est encore plus marqué chez les jeunes, avec 78% des 18-24 ans concernés.
Face à cette situation, les arbitrages deviennent plus stricts. En France, 76% des usagers déclarent réduire leurs déplacements non essentiels afin de limiter les coûts. À l’échelle européenne, 92% des automobilistes se disent favorables à la mise en place d’un bouclier tarifaire sur les carburants, signe d’une sensibilité forte aux variations des prix à la pompe.
L’acte d’achat lui-même évolue également. Le baromètre montre que 91% des automobilistes français intègrent désormais des critères financiers dans leur choix. Le prix d’achat arrive en tête des priorités (81%), suivi de la consommation de carburant et de la fiabilité (58%), puis du coût d’entretien (51%). À l’inverse, les critères émotionnels reculent nettement : la marque ne pèse plus que 44% dans la décision, l’esthétique 29% et la technologie embarquée 28%.
Dans ce contexte, l’automobile devient un achat de plus en plus rationnel, dicté par la contrainte budgétaire plutôt que par la passion. Cette évolution s’accompagne d’un intérêt croissant pour les solutions alternatives, notamment les véhicules d’occasion reconditionnés, perçus comme une réponse plus accessible à la hausse des prix du neuf. Par ailleurs, 60% des Européens envisagent un véhicule électrique ou hybride, mais une majorité reste réticente à l’échéance de 2035 pour la fin des moteurs thermiques, illustrant les hésitations autour de la transition automobile.








