Transport aérien : les avions seront plus remplis que jamais, mais les compagnies gagneront beaucoup moins en 2026

Dans le secteur du transport aérien, l’IATA prévoit davantage de faillites, des rachats et une forte baisse des bénéfices en 2026.

Publié le
Lecture : 3 min
Transport aérien
Faillites, rachats et recul des profits : la hausse des prix du kérosène place le transport aérien sous pression. -Crédit : Canva | Econostrum.info

L’Association du transport aérien international (IATA) prévoit une progression du trafic aérien mondial en 2026, tandis que les résultats financiers des compagnies aériennes devraient reculer par rapport à l’année précédente.

Lors du sommet annuel de l’organisation, organisé à Rio de Janeiro le 6 juin, son directeur général, Willie Walsh, a évoqué les conséquences de la hausse des coûts du carburant dans un contexte marqué par la guerre au Moyen-Orient. Selon les prévisions présentées par l’IATA, les compagnies aériennes membres de l’organisation, qui représentent environ 85 % du trafic mondial, devraient transporter 5,1 milliards de passagers en 2026.

Ce volume correspond à une augmentation de 2,4 % par rapport à 2025. Dans le même temps, les bénéfices du secteur sont attendus en nette diminution. L’IATA estime qu’ils passeront de 45 milliards de dollars en 2025 à 23 milliards de dollars en 2026. 

Transport aérien : les avions seront plus remplis que jamais, mais les compagnies gagneront beaucoup moins en 2026Pin

Le coût du carburant pèse sur le transport aérien

Cette évolution intervient alors que les transporteurs font face à une augmentation du coût du kérosène. D’après les informations communiquées lors du sommet, la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran perturbe l’approvisionnement en carburant aérien ainsi que certains itinéraires habituellement utilisés. Des compagnies sont contraintes d’emprunter des trajets plus longs, ce qui augmente leurs dépenses d’exploitation.

Willie Walsh, directeur général de l’Association du transport aérien international (IATA), a déclaré que d’autres compagnies pourraient rencontrer des difficultés financières après la faillite de Spirit Airlines, compagnie aérienne américaine à bas coûts placée en faillite en mai 2026. Selon lui, certaines entreprises du secteur « auront beaucoup de mal à faire face à ce prix élevé du carburant ».

Le responsable de l’IATA a également indiqué que des opérations de rachat pourraient intervenir dans les prochains mois. Selon ses prévisions, certaines compagnies pourraient disparaître tandis que d’autres seraient intégrées à des groupes plus importants.

Willie Walsh a aussi précisé que les difficultés rencontrées par certaines compagnies à bas coûts ne remettaient pas en cause ce modèle économique à l’échelle mondiale. Il a déclaré : « Je ne pense pas que le modèle low-cost soit défaillant, bien au contraire », en citant notamment les résultats enregistrés par Ryanair en Europe.

Les transporteurs du Golfe confrontés aux conséquences du conflit avec l’Iran

Les perturbations liées au conflit ont également modifié les flux de trafic transitant par plusieurs plateformes du Moyen-Orient, notamment Dubaï, Doha et Abou Dhabi. Cette situation concerne directement des compagnies telles qu’Emirates, Qatar Airways et Etihad Airways.

Lors de son intervention, Willie Walsh a estimé que ces changements ne devraient pas remettre en cause la place occupée par les compagnies du Golfe dans le transport aérien mondial. Il a rappelé que ces transporteurs représentent environ 14 % de la capacité mondiale.

Le directeur général de l’IATA a déclaré : « Cette capacité ne peut pas être remplacée par des compagnies aériennes d’autres régions du monde ». Il a ajouté : « Une fois que la situation se sera calmée, je m’attends à ce que les transporteurs du Golfe retrouvent leur position importante sur le marché. »

Au cours du sommet, Willie Walsh a également commenté l’hypothèse d’un rapprochement entre United Airlines et American Airlines. Le directeur général de United Airlines, Scott Kirby, avait évoqué l’idée d’un rachat de son concurrent américain. Willie Walsh a indiqué qu’il ne croyait pas à la réalisation d’une telle opération en raison des contraintes réglementaires. Il a déclaré : « Je ne pense pas que cela se produira. Je pense que les obstacles réglementaires seraient très importants. Je ne sais pas s’il s’agissait d’une véritable tentative de consolidation ou si Scott cherchait simplement à faire parler de lui dans les médias ».

Par ailleurs, Kamil Al-Awadhi, vice-président pour l’Afrique et le Moyen-Orient de l’Association du transport aérien international (IATA), a estimé qu’un report des commandes d’avions pourrait entraîner des coûts supplémentaires pour les compagnies aériennes de la région. Il a indiqué ne pas anticiper d’effet direct de la guerre ou de la hausse du prix du carburant sur les commandes passées auprès des constructeurs Boeing et Airbus, dont les compagnies du Moyen-Orient figurent parmi les clients importants.

Laisser un commentaire

Partages