Les particuliers employeurs âgés de 70 à 79 ans vont voir le coût de leur aide à domicile augmenter à partir de juillet 2026. Un décret publié le 8 avril 2026 relève en effet de 70 à 80 ans l’âge ouvrant droit à l’exonération automatique de cotisations patronales pour l’emploi d’une aide à domicile. Cette mesure, prévue par la loi de financement de la Sécurité sociale, concerne plusieurs centaines de milliers de retraités en France.
Jusqu’à fin 2025, un senior de plus de 70 ans pouvait bénéficier automatiquement d’une exonération partielle de charges sociales lorsqu’il employait une aide ménagère, une auxiliaire de vie ou tout autre salarié à domicile via le CESU ou un organisme mandataire. Depuis le 1er janvier 2026, ce seuil passe officiellement à 80 ans. Pour les couples, l’exonération est désormais maintenue uniquement si l’un des deux conjoints a atteint cet âge.
Le gouvernement justifie cette réforme par une volonté de recentrer l’avantage fiscal sur les personnes les plus fragiles et dépendantes. Selon les chiffres relayés par plusieurs organismes spécialisés, environ 348 000 à 350 000 particuliers employeurs seraient concernés par cette suppression d’exonération entre 70 et 79 ans.

Concrètement, la hausse est estimée à environ 15 % du coût de l’emploi à domicile. Pour un salaire net horaire de 14 euros, le coût réel après crédit d’impôt passerait de 10,62 euros à 12,21 euros de l’heure. Pour une aide ménagère employée neuf heures par semaine, la facture mensuelle grimperait d’environ 814 euros à 938 euros, soit près de 125 euros supplémentaires chaque mois. Le crédit d’impôt de 50 % sur les services à la personne reste toutefois maintenu.
Pas de rétroactivité et plusieurs exceptions maintenues pour les retraités
Le point qui inquiétait particulièrement les particuliers employeurs concernait la rétroactivité du décret. Le texte publié au Journal officiel prévoyait initialement une application au 1er janvier 2026, ce qui aurait obligé certains retraités à rembourser plusieurs mois d’exonérations déjà perçues. Finalement, après des protestations du secteur et de la Fédération des particuliers employeurs de France (Fepem), l’Urssaf a confirmé que la réforme ne s’appliquerait qu’à partir des déclarations effectuées en juillet 2026.
Certaines catégories continuent néanmoins de bénéficier de l’exonération, quel que soit leur âge. C’est notamment le cas des bénéficiaires de l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA), de la Prestation de compensation du handicap (PCH), des titulaires d’une carte d’invalidité d’au moins 80 % ou encore des personnes nécessitant l’assistance d’une tierce personne pour les actes de la vie quotidienne.
Pour limiter l’impact financier de cette réforme, plusieurs solutions existent encore. Les particuliers peuvent notamment vérifier leur éligibilité à l’APA auprès du conseil départemental, activer le dispositif « Avance immédiate » de l’Urssaf afin de bénéficier directement du crédit d’impôt chaque mois, ou encore passer par un organisme prestataire plutôt que d’employer directement une aide à domicile








