Un ancien salarié du réseau de distribution Grand Frais a engagé une procédure devant le conseil de prud’hommes après son expérience dans un magasin situé à Viriat, dans l’Ain. Âgé de 21 ans et étudiant en droit à l’Université Lyon 3-Jean-Moulin, Zakaria met en cause certaines pratiques de fonctionnement et de gestion du personnel.
Le jeune homme a été recruté en février 2023 pour un emploi étudiant au rayon fruits et légumes. Il y a travaillé pendant un an et demi avec un contrat de dix heures hebdomadaires, principalement le samedi. Son contrat n’était pas directement lié à l’enseigne Grand Frais, mais à la société « Les Jardins de Viriat », une entité distincte rattachée à la holding ProSol, qui intervient dans la gestion de plusieurs rayons au sein des magasins du réseau.
Selon les éléments avancés dans la procédure, cette organisation repose sur une séparation des structures juridiques. Ce fonctionnement concerne aussi d’autres activités comme la boucherie, la crémerie ou la poissonnerie. D’après les informations rapportées, ce découpage permettrait à certaines entités de rester sous le seuil de onze salariés, ce qui exclut la mise en place d’un comité social et économique et l’élection de représentants du personnel.
Grand Frais repose sur un modèle associant plusieurs structures juridiques
Le syndicat Sud-Solidaires a engagé une action en janvier 2023 devant le tribunal judiciaire de Lyon afin de contester ce type de montage juridique. Cette démarche vise à examiner la conformité de cette organisation avec le droit du travail. Dans le cadre de son action individuelle, Zakaria a saisi les prud’hommes pour « harcèlement moral ». Il affirme que son expérience professionnelle a été marquée par des comportements qu’il qualifie de « harcèlement banalisé ». Il évoque notamment des propos tenus par plusieurs responsables hiérarchiques sur un groupe privé WhatsApp utilisé par les salariés.
Dans ses déclarations, il indique vouloir dénoncer un fonctionnement qu’il désigne comme un « système Grand Frais ». Il précise « Je ne fais pas ça pour l’argent, j’entends seulement dénoncer cette organisation et ces pratiques qui laissent les salariés livrés à eux-mêmes et sans défense face à leur hiérarchie ». Le plaignant demande une indemnisation de 600 euros dans le cadre de cette procédure. L’affaire a été mise en délibéré, avec une décision attendue le 11 septembre 2026.
Grand Frais, réseau de distribution alimentaire créé dans la région lyonnaise, repose sur un modèle associant plusieurs structures juridiques pour exploiter ses différents rayons. Les éléments présentés dans cette affaire portent sur les conditions d’emploi et l’organisation interne de certaines de ces entités.








