Dette US : la part étrangère au plus bas depuis 1997, les banques centrales se détournent-elles du dollar ?

Les banques centrales réduisent leurs avoirs en bons du Trésor américain, avec des ventes limitées malgré des variations liées aux marchés.

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Bons du Trésor
Bons du Trésor américain : les banques centrales réduisent leurs positions à un rythme inédit. Crédit : Canva | Econostrum.info

Les avoirs en bons du Trésor américain détenus par des investisseurs étrangers enregistrent une baisse récente, dans un contexte marqué par des tensions internationales et des mouvements sur les marchés obligataires.

Les titres conservés auprès de la Réserve fédérale de New York sont tombés sous les 3 000 milliards de dollars, soit leur niveau le plus bas depuis 16 ans. Cette évolution suggère une diminution des détentions par les banques centrales étrangères. Selon les stratèges de Deutsche Bank, la baisse de 75 milliards de dollars observée sur les quatre semaines précédant le 19 mars correspond à des ventes nettes estimées à 60 milliards de dollars.

Sur une période plus longue, les données de conservation montrent un recul de 238 milliards de dollars sur l’année écoulée. Ces variations peuvent être interprétées comme des ventes, mais elles ne reflètent pas systématiquement des transactions directes. Les chiffres incluent également des mouvements liés à d’autres acteurs institutionnels. Les données officielles du département du Trésor des États-Unis, connues sous l’appellation Treasury International Capital (TIC), présentent une lecture différente. Elles indiquent que les ventes nettes réalisées par les banques centrales étrangères en 2025 ont atteint 34 milliards de dollars, soit environ 1 % de leurs réserves estimées à 3 500 milliards de dollars.

Des écarts entre indicateurs et des flux des bons du trésor américain

Les différences entre les données de la Réserve fédérale et celles du département du Trésor s’expliquent par la nature des indicateurs utilisés. Les statistiques de conservation incluent des ajustements liés aux variations de prix des obligations et aux taux de change, ainsi que des transferts d’actifs entre juridictions. Brad Setser, membre du Council on Foreign Relations, indique que la baisse des avoirs officiels de la Chine, à leur niveau le plus bas depuis 17 ans, peut être liée à des transferts vers des banques d’État. Les montants réellement détenus pourraient être supérieurs aux données publiées.

Les flux récents restent contrastés. Les données TIC publiées mi-mars indiquent que les banques centrales étrangères ont acheté pour 50,6 milliards de dollars de bons du Trésor en janvier. Ce montant correspond au niveau mensuel le plus élevé depuis 13 ans et au deuxième plus important jamais enregistré. Dans le même temps, les investisseurs privés ont acquis près de 1 000 milliards de dollars de bons du Trésor sur les années 2024 et 2025, compensant les ventes nettes des banques centrales estimées à 61 milliards de dollars sur cette période.

La part des investisseurs étrangers dans la détention de dette américaine reste élevée en valeur absolue, avec 9 230 milliards de dollars fin 2018, dont 7 780 milliards en obligations et 1 450 milliards en bons du Trésor. En proportion, cette part s’établit à 32 % au quatrième trimestre 2025, son niveau le plus bas depuis 1997, selon Morgan Stanley. Les données disponibles indiquent que les ventes existent mais restent limitées, avec des variations liées aux conditions de marché, aux taux de change et aux choix de gestion des réserves.

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