Selon le rapport annuel de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), les dépenses de santé en France ont progressé en 2024 pour atteindre, 333 milliards d’euros. Cette augmentation représente une hausse de 3,6 % sur un an. La part consacrée à la santé correspond à 11,4 % du produit intérieur brut, confirmant le poids central de ce poste dans l’économie nationale.
La consommation de soins et de biens médicaux, qui inclut les soins hospitaliers, les consultations, les analyses, les soins paramédicaux, les transports de patients, les médicaments et dispositifs médicaux, s’élève à 255 milliards d’euros. Ce montant correspond à environ 3 723 euros par habitant. La progression de 3,7 % en 2024 est inférieure à celle de 2023 (+4,8 %), mais supérieure aux rythmes observés entre 2010 et 2019, qui se situaient autour de 2 % par an.
Progression des dépenses de santé et répartition des financements
Dans le détail, les soins hospitaliers représentent 120,9 milliards d’euros, en hausse de 2,9 %. Les soins de ville atteignent 77 milliards d’euros (+4 %). Les dépenses liées aux médicaments enregistrent une accélération de 5,5 %, due à l’augmentation du nombre de boîtes délivrées (+0,9 %) et à la consommation de traitements innovants plus coûteux.
Le financement de ces dépenses repose en majorité sur la Sécurité sociale et l’État, qui assurent 202 milliards d’euros, soit 79,4 % du total. Cette part recule de 0,5 point par rapport à l’année précédente. Les organismes complémentaires voient leur contribution progresser de 0,3 point pour atteindre 12,8 %, soit 33 milliards d’euros. Le reste à charge pour les ménages s’élève à 7,8 % de la consommation de soins et biens médicaux.
Hausse du reste à charge et comparaisons internationales
Le rapport de la Drees précise que le reste à charge pour les ménages français a augmenté, passant de 276 euros par habitant en 2023 à 292 euros en 2024, soit une hausse de 16 euros. Cette évolution est liée au doublement des franchises médicales et à la baisse du remboursement de certains soins.
En proportion des dépenses de santé, le reste à charge représente 10,2 % en France. Ce niveau demeure inférieur à la moyenne de l’Union européenne, qui s’élève à 14,8 %. Des écarts importants existent entre pays : dans plusieurs États d’Europe de l’Est, comme la Bulgarie, la Grèce, la Lituanie ou la Lettonie, le reste à charge dépasse 30 %. En revanche, dans les pays du nord-ouest de l’Europe, il se situe souvent en dessous de 15 %. L’Allemagne affiche 11,1 %, la Belgique 21,5 % et l’Autriche 16,5 %.
À l’échelle mondiale, la comparaison montre que la France figure parmi les pays où la part laissée aux ménages reste faible. Aux États-Unis, les dépenses de santé représentent 17,2 % du produit intérieur brut, un niveau nettement supérieur à celui observé en France. Le reste à charge américain s’établit à 10,9 %. Au Japon, au Royaume-Uni, en Islande, en Norvège et au Canada, il oscille entre 10,9 % et 15,2 %, alors qu’en Suisse, il atteint 22 %.
La Drees souligne que la dépense courante de santé en France, qui inclut des éléments plus larges que la consommation de soins et biens médicaux, représente 11,4 % du produit intérieur brut. Ce chiffre place la France derrière l’Allemagne (12,3 %) et l’Autriche (11,8 %), mais au-dessus de la moyenne de l’Union européenne, fixée à 10,3 %.








