À partir de novembre 2025, les pensions Agirc-Arrco resteront figées, sans aucune revalorisation. Cette décision, prise après des négociations infructueuses entre syndicats et patronat, risque d’impacter lourdement le pouvoir d’achat des retraités dans un contexte économique déjà difficile.
Le gel des pensions Agirc-Arrco, qui fixe la valeur du point à 1,4386 € jusqu’en octobre 2026, marque une rupture avec la pratique des années précédentes. En effet, chaque année, une certaine revalorisation des pensions était effectuée, même symboliquement, pour limiter l’érosion du pouvoir d’achat des retraités. Mais cette année, faute d’accord entre les partenaires sociaux, il n’y aura pas de revalorisation, une situation inédite depuis plusieurs années.
Les syndicats, qui estiment que la situation financière du régime Agirc-Arrco permettait une revalorisation raisonnable, avaient proposé une augmentation de 0,6 % des pensions. Cependant, le patronat s’est montré réticent, proposant seulement 0,2 %, avant de finalement s’opposer à toute augmentation. Cette absence de compromis a conduit à la décision de maintenir le montant des pensions à son niveau actuel, sans aucune revalorisation.
Les conséquences pour les affiliés de l’Agirc-Arrco
Le gel des retraites Agirc-Arrco n’est pas sans conséquences pour les retraités. D’une part, ceux déjà en paiement verront leurs revenus stagner, alors que l’inflation continue d’impacter le coût de la vie, notamment pour les dépenses courantes telles que l’alimentation, la santé, le logement et l’énergie. Cette stagnation des pensions pourrait entraîner des difficultés financières pour de nombreux retraités, notamment ceux aux revenus modestes, pour qui chaque euro compte.
D’autre part, les cotisations des actifs, qui servent à alimenter les fonds de pensions, restent inchangées. Cela signifie que la valeur d’achat du point, fixée à 20,1877 €, restera également constante. Ainsi, non seulement les retraités verront leur pouvoir d’achat se réduire, mais les futurs retraités verront leur accumulation de droits ralentir, ce qui aggrave encore la situation.
Un climat social tendu
Cette décision de gel des retraites intervient dans un climat social déjà tendu, marqué par des mesures budgétaires et fiscales strictes. Les associations de défense des retraités tirent la sonnette d’alarme, affirmant que l’absence de revalorisation pourrait précariser encore davantage les plus vulnérables. La situation actuelle montre la difficulté de parvenir à un consensus sur la politique des retraites en France, un sujet qui divise les partenaires sociaux depuis plusieurs années.
Le gel des pensions Agirc-Arrco ne représente pas seulement un impact immédiat sur les retraités, mais soulève aussi la question de la pérennité du régime. Alors que l’économie évolue, avec une inflation qui ne cesse de croître, maintenir une politique de non-augmentation des pensions pourrait s’avérer insoutenable à long terme. Les retraités risquent de se retrouver dans une situation où leur niveau de vie continue de se détériorer, sans espoir de réajustement.
Une situation préoccupante pour les années à venir
Ce gel des retraites Agirc-Arrco a des conséquences qui vont bien au-delà de 2025. Les retraités actuels comme les futurs bénéficiaires des pensions complémentaires se retrouvent dans une position précaire, sans véritable perspective de voir leurs pensions revalorisées. Cette situation pourrait accentuer les inégalités et fragiliser davantage les retraités, en particulier ceux qui ont déjà du mal à joindre les deux bouts.
Les syndicats, les associations de retraités et certains partis politiques appellent à un réexamen de cette décision. Ils insistent sur la nécessité d’une véritable politique de revalorisation des pensions, afin de préserver le pouvoir d’achat des retraités et de garantir la pérennité du système de retraite complémentaire Agirc-Arrco. Sans une telle mesure, les risques de précarisation pour une grande partie des retraités deviennent de plus en plus évidents.








