Face à une stagnation persistante des salaires réels malgré une hausse de la productivité, l’Union syndicale suisse (USS) appelle à des augmentations généralisées pour 2026. L’organisation met en avant la pression croissante sur le pouvoir d’achat des ménages suisses et interpelle les employeurs sur leur responsabilité.
L’annonce a été faite jeudi à Berne par le président de l’USS, Pierre-Yves Maillard. Il a souligné que, malgré une amélioration ponctuelle l’an passé, les revenus réels restent largement insuffisants pour compenser dix années de stagnation salariale.
Pour l’USS, cette revendication s’appuie sur deux éléments clés : une hausse de la productivité de 11 % sur la dernière décennie et une inflation qui continue de peser sur les ménages, notamment à travers la hausse des loyers et des primes d’assurance maladie.
Un décalage persistant entre productivité et salaires
Selon l’Union syndicale suisse, les salaires réels n’ont pratiquement pas évolué depuis 2015, alors que la productivité a progressé de 11 %. Cette situation crée, selon la faîtière, un déséquilibre qui pénalise le pouvoir d’achat des travailleurs.
Le président de l’USS, Pierre-Yves Maillard, a estimé que les augmentations obtenues l’an dernier ne permettent pas de rattraper une décennie de stagnation. Il a insisté sur la nécessité de redonner aux salariés une part équitable des gains de productivité.
Cette revendication prend place dans un contexte où l’inflation, bien qu’en recul, continue d’alourdir les charges des ménages. L’USS rappelle notamment que les loyers et les primes d’assurance maladie restent élevés.
David Gallusser, économiste à l’USS, a chiffré à 1136 francs la prime mensuelle moyenne d’une famille de quatre personnes, un montant qui devrait encore augmenter, selon ses déclarations relayées par swissinfo.
Des salaires planchers exigés pour garantir un revenu décent
L’Union syndicale suisse souhaite également que des seuils salariaux minimaux soient instaurés pour répondre à ce qu’elle qualifie de besoins vitaux. Elle appelle à garantir un salaire mensuel d’au moins 4500 francs pour un emploi à plein temps.
En ce qui concerne les personnes titulaires d’un certificat fédéral de capacité (CFC), l’organisation syndicale exige un revenu d’au moins 5000 francs par mois sur 13 mois.
Selon Vania Alleva, présidente du syndicat Unia, un tiers des titulaires de CFC gagnent moins de ce seuil. Elle a précisé que cela concerne non seulement les jeunes diplômés, mais aussi un quart des professionnels qualifiés de plus de 56 ans.
L’introduction d’une indexation automatique des salaires à l’inflation dans les conventions collectives de travail est également demandée, dans le but de sécuriser le pouvoir d’achat sur le long terme.
Les entreprises jugées capables d’absorber ces hausses
Interrogée sur la capacité des employeurs à répondre à ces exigences, l’USS estime que la majorité des entreprises sont en mesure de supporter les hausses salariales demandées.
Pierre-Yves Maillard a reconnu que certains secteurs, notamment ceux exposés aux droits de douane américains, pourraient être affectés, mais il a insisté sur le fait que 99 % de la population active ne serait pas concernée par ces barrières commerciales.
Les enquêtes réalisées auprès des entreprises montrent que la situation conjoncturelle dans les secteurs non touchés reste globalement bonne. Même dans l’industrie, l’USS note que de nombreuses entreprises continuent d’évoluer dans un environnement favorable.
Pour l’USS, la participation accrue des employeurs aux coûts de la santé, dont une partie est liée au travail, devrait également faire partie des efforts collectifs pour alléger la pression financière sur les salariés. Elle considère que les coûts générés par le travail ne devraient pas être assumés uniquement par les employés.








