À Zurich, une nouvelle règle surprend : dans un rayon de huit mètres autour de la Messeturm, même sur la voie publique, fumer est désormais interdit. Ce règlement, unique en Suisse, s’inspire de pratiques déjà en place dans des villes américaines comme Los Angeles et San Francisco, où les zones autour des bâtiments sont également considérées comme des espaces sans tabac.
Cette décision a pour but de répondre à des critères environnementaux et de santé publique, en particulier dans un bâtiment qui vise la certification LEED Platinum, un label de durabilité international. Cet exemple pourrait faire école et donner des idées à d’autres constructions en Suisse.
Une mesure en lien avec la durabilité et la santé publique
L’interdiction de fumer autour de la Messeturm s’inscrit dans une démarche de durabilité, visant à protéger la santé des employés et des visiteurs contre le tabagisme passif. Le directeur de l’immeuble, Henrik Stump, précise que cette mesure découle de la certification LEED Platinum, un label de construction durable largement reconnu.
Selon Stump, de nombreuses entreprises, notamment celles cotées en bourse, sont particulièrement sensibles à ces questions écologiques et souhaitent atteindre des objectifs stricts en matière de durabilité. Cette initiative est en grande partie motivée par la volonté de répondre à des critères environnementaux tout en assurant le bien-être des personnes fréquentant le bâtiment, rapporte Watson.
Le tabagisme passif, particulièrement nocif, est une préoccupation majeure dans ces bâtiments modernes qui abritent des bureaux, des commerces et des crèches. La Ligue pulmonaire suisse a salué cette initiative, rappelant que l’éloignement des fumeurs contribue à réduire la concentration de substances toxiques dans l’air, ce qui est particulièrement important dans les zones à fort passage comme celles autour de cette tour.
Une approche pragmatique sans sanctions strictes
Malgré l’interdiction affichée clairement sur les panneaux, cette mesure ne sera pas accompagnée de sanctions sévères. Aucune amende n’est prévue pour ceux qui enfreindraient la règle.
En cas d’infraction, les concierges peuvent simplement attirer l’attention des fumeurs sur les panneaux d’interdiction. Selon Henrik Stump, en cas de récidive, la société pourrait contacter les entreprises locataires et leur rappeler les engagements contractuels concernant la réglementation interne.
Cette approche moins contraignante repose sur la volonté de ne pas transformer la Messeturm en un espace où la surveillance serait omniprésente. Le but est avant tout de sensibiliser plutôt que de sanctionner, ce qui fait écho à une volonté de rendre la mesure accessible et acceptable sans devenir une contrainte administrative trop lourde.
Une tendance qui pourrait se généraliser
L’interdiction de fumer autour de la Messeturm pourrait bien inspirer d’autres projets immobiliers en Suisse, notamment ceux qui sont axés sur la santé et la durabilité. Des initiatives similaires existent déjà dans des établissements sensibles, comme des hôpitaux ou des espaces communs dans des projets résidentiels.
Cependant, une telle mesure reste encore rare dans les constructions commerciales en Suisse, où le droit de propriété permet une certaine liberté dans la gestion des espaces extérieurs. Ces types de pratiques sont toujours à la marge, mais pourraient se multiplier dans un futur proche dans le cadre de projets immobiliers de plus en plus soucieux de l’environnement et du bien-être des usagers.
D’autres experts, comme la juriste Neslihan Kaya de l’Association immobilière suisse, estiment que de telles interdictions sont légales, tant qu’elles ne nuisent pas de manière disproportionnée aux droits des locataires. Les réglementations pourraient se multiplier dans les années à venir, avec des règles plus strictes pour les espaces extérieurs des bâtiments modernes, soucieux de respecter des critères de bien-être et de durabilité.








