La Suisse a obtenu son billet pour la Coupe du monde de football 2026 à la suite de son match nul contre le Kosovo. Cette qualification est un motif de fierté pour la Nati, mais pour les supporters suisses souhaitant assister aux matchs sur place, l’euphorie risque d’être de courte durée.
Les billets mis en vente sur la plateforme officielle de revente de la FIFA atteignent des sommets inédits, parfois jusqu’à près d’un million de dollars. Une politique tarifaire qui provoque une levée de boucliers, tant en Suisse qu’à l’étranger.
Une inflation sans précédent sur la plateforme de revente officielle
Depuis l’ouverture anticipée du marché secondaire de billets pour la Coupe du monde 2026, les tarifs affichés sur la plateforme de revente de la FIFA suscitent de nombreuses réactions. Un billet pour la demi-finale y est actuellement proposé à 995’000 dollars, selon une enquête menée par l’European Broadcasting Union (EBU). Le match d’ouverture, qui se jouera au Mexique, voit également ses billets approcher la barre des 100’000 dollars, un montant qui dépasse de loin les pratiques habituelles pour ce type d’événement.
Contrairement aux éditions précédentes, aucun plafond de prix n’a été imposé par la FIFA sur sa propre plateforme. Ce choix permet aux particuliers de fixer librement le montant de leur offre de revente, sans restriction. Par ailleurs, un modèle de tarification partiellement dynamique est appliqué, y compris pour certains billets initiaux, ce qui fait varier les prix en fonction de la demande en temps réel.
Certes, des billets à partir de 60 dollars sont toujours disponibles, mais ceux-ci sont désormais rares et immédiatement revendus à des prix bien supérieurs, allant jusqu’à 40’000 dollars dans certains cas. Des catégories de sièges généralement considérées comme « abordables » voient leur prix multiplié par 5, 10, voire 100 en quelques heures. La spéculation devient ainsi une composante intégrée du système de distribution.
Une politique commerciale contestée qui renforce les profits de la FIFA
Au cœur des critiques, la FIFA est accusée de tirer des bénéfices considérables de cette explosion tarifaire. Le fonctionnement de la plateforme lui permet de prélever une commission de 15 % à la fois sur le prix payé par l’acheteur et sur le montant perçu par le vendeur. Pour un billet revendu 200 dollars, le vendeur ne reçoit que 170 dollars, tandis que l’acheteur doit en débourser 230. Résultat : 60 dollars de marge générés par la FIFA sur une seule transaction.
Un porte-parole de l’organisation affirme que ce modèle s’inscrit dans la logique des marchés nord-américains, où la revente dynamique est une pratique établie, notamment pour les événements sportifs majeurs. Si cela peut se vérifier aux États-Unis et au Canada, le Mexique, co-organisateur du tournoi, impose des limitations légales strictes sur la revente, interdisant tout dépassement du prix initial du billet.
Les disparités tarifaires entre les pays organisateurs sont donc significatives. Les grandes agglomérations comme Los Angeles ou New York concentrent les offres les plus onéreuses. Face à cette réalité, des voix politiques commencent à s’élever. À New York, le maire Zohran Mamdani a lancé une pétition contre cette politique, dénonçant un système qui exclut de facto les habitants de la ville de leur propre événement. « Le plus grand événement sportif du monde se déroule à notre porte. Mais la plupart des New-Yorkais ne pourront pas se permettre d’y assister sur place », a-t-il déclaré publiquement lors de sa campagne électorale, relate la RTS.
Cette résistance pourrait annoncer une pression croissante sur la FIFA pour réformer son système de distribution, notamment en ce qui concerne la transparence des prix et l’accès des supporters aux matchs. Les critiques pointent un déséquilibre croissant entre l’ambition d’organiser une fête populaire et les logiques financières qui en restreignent l’accès.








