Des échantillons de viande contaminée par des substances chimiques persistantes circulent dans toute la Suisse. Produite dans le canton de Saint-Gall, cette viande continue d’être vendue malgré des taux de pollution jugés excessifs.
Alors que des substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) ont été détectées à des niveaux élevés dans de la viande bovine, les autorités cantonales ont autorisé sa commercialisation. Cette situation alarme les autorités fédérales, qui dénoncent une gestion laxiste de la sécurité alimentaire.
Les substances en question, difficiles à éliminer de l’environnement, sont considérées comme nocives pour la santé. L’affaire met en lumière des tensions entre les autorités cantonales et fédérales sur la manière de gérer les contaminations alimentaires.
Des taux de PFAS inquiétants dans la viande bovine
L’été dernier, des échantillons de viande de bœuf issus de fermes du canton de Saint-Gall ont révélé des taux élevés de PFAS. Ces substances chimiques sont connues pour leur persistance dans l’environnement et leur potentiel effet nocif sur la santé humaine. Dans certains cas, les analyses ont montré des dépassements notables des valeurs limites autorisées.
Malgré ces résultats, les autorités cantonales n’ont pas interdit la vente de cette viande. Jürg Daniel, chef de l’Office de la protection des consommateurs et des affaires vétérinaires du canton, a affirmé que « nous n’avons encore prononcé aucune interdiction de vente ».
Il a précisé que des efforts avaient été entrepris pour réduire rapidement la contamination dans les exploitations concernées. L’enquête de la « NZZ am Sonntag » souligne que les résultats proviennent d’échantillons prélevés dans quinze fermes du canton, rapporte 20 Minutes.
La Confédération critique la gestion de la crise par Saint-Gall
Le maintien de la commercialisation de cette viande contaminée n’est pas du goût de l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV). Selon l’OSAV, l’approche suivie par Saint-Gall ne respecte pas les exigences fixées par la législation fédérale en matière de sécurité des denrées alimentaires. Le désaccord entre les deux niveaux de l’État illustre une faille de coordination dans la gestion des risques alimentaires.
La conseillère nationale Franziska Ryser (Les Vert-e-s/SG) qualifie la situation d’« irresponsable ». Elle appelle à une réaction plus ferme face à ce qu’elle considère comme une menace sanitaire sérieuse. L’OSAV, de son côté, a rappelé à plusieurs reprises au canton de Saint-Gall l’importance de traiter la contamination aux PFAS avec la rigueur qu’elle exige.
Des voix divergentes au sein du monde agricole
Tandis que les autorités fédérales s’alarment, certains représentants du secteur agricole défendent l’approche du canton de Saint-Gall. Peter Nüesch, président de longue date de l’Union des paysans du canton, estime que fermer des exploitations ou interdire l’élevage ne serait pas une réponse proportionnée. Il rappelle que cette contamination existe depuis longtemps et que « nous mangeons cette viande depuis des années ».
En parallèle, des recherches sur la présence de PFAS dans d’autres cantons sont en cours. Le sujet sera discuté mercredi prochain au Conseil des États, signe que la question dépasse largement le seul cadre de Saint-Gall.








