La proportion de Suisses se sentant en très bonne santé a été divisée par deux en cinq ans. Une étude de l’institut Sotomo, commandée par la caisse-maladie CSS, révèle une dégradation marquée, notamment chez les jeunes adultes.
Entre fatigue, stress et troubles du sommeil, l’état de santé perçu dans la population se détériore. Un constat préoccupant à la lumière de données collectées auprès de 2800 personnes à travers la Suisse.
Une perception de la santé en forte baisse depuis 2020
Selon les résultats relayés par Blick, entre 2020 et 2025, la part de la population suisse s’estimant en très bonne santé a été divisée par deux, passant de 22 % à 11 %. Cette évolution met en lumière une tendance lourde : la perception du bien-être physique se dégrade sur l’ensemble du territoire.
Le recul est particulièrement marqué chez les jeunes adultes, qui représentaient historiquement la catégorie la plus en forme. Le vieillissement démographique est évoqué comme un facteur aggravant, mais il ne suffit pas à expliquer une telle chute dans la perception globale de la santé.
En parallèle, la proportion de personnes déclarant se sentir malades ou en mauvaise santé a atteint un niveau record de 38 %, selon les données collectées à la mi-année.
Fatigue et stress : des symptômes désormais dominants
L’épuisement et le stress apparaissent comme des éléments centraux du mal-être physique en Suisse. En 2025, 69 % des répondants affirment avoir souffert de fatigue. Ils sont également 49 % à signaler des douleurs fréquentes et 41 % à évoquer un stress régulier.
L’étude menée entre le 4 et le 25 juin montre que ces symptômes se maintiennent à un niveau élevé, malgré une stabilité des autres indicateurs. Le nombre de jours de maladie reste inchangé depuis deux ans, avec une moyenne annuelle de 4,6 jours par personne.
De même, la part des personnes déclarant avoir réellement été malades reste stable, autour d’un tiers des sondés. Ces constats traduisent une tension entre les indicateurs médicaux mesurables et le ressenti subjectif de la population.
Les jeunes adultes confrontés à une forte détérioration du sommeil
Autre volet examiné pour la première fois dans cette étude : la qualité du sommeil. Seuls 20 % des participants disent ne pas souffrir de troubles réguliers du sommeil. Cette fragilité concerne particulièrement les jeunes adultes : près de la moitié des 18-35 ans affirment ne pas se réveiller reposés.
À titre de comparaison, cette proportion n’est que de 17 % chez les plus de 65 ans, un écart générationnel net qui met en lumière la vulnérabilité croissante des jeunes en matière de récupération physique. L’étude fait de cette nouvelle donnée un marqueur alarmant de la santé publique.








