Un récent sondage réalisé par l’institut GfK pour le compte du Groupe Mutuel met en lumière des écarts marquants en matière de bien-être psychologique en Suisse. À rebours des chiffres globaux positifs, une partie de la population fait face à des conditions de vie nettement moins favorables. Cette situation soulève des questions sur l’adaptation du système de santé aux besoins spécifiques de ces publics.
La portée de ces résultats s’étend au-delà des indicateurs sanitaires. Elle interroge les politiques de prévention et les ressources mises à disposition dans un contexte où les demandes d’aide psychologique augmentent.
Une santé mentale perçue comme dégradée chez les jeunes et les femmes
L’enquête menée par le Groupe Mutuel auprès de 1500 personnes âgées de 15 à 74 ans révèle que les femmes et les jeunes adultes présentent des indicateurs de santé mentale plus inquiétants que le reste de la population.
Ainsi, seules 18 % des femmes interrogées estiment que leur santé mentale est « très bonne », contre 25 % des hommes. Le constat est encore plus marqué chez les jeunes de moins de 34 ans, dont seulement 14 % évaluent positivement leur état psychologique, quand plus de 50 % des personnes de plus de 55 ans partagent ce ressenti. Tribune de Genève souligne que pour presque tous les indicateurs, ces deux groupes obtiennent de moins bons résultats que la moyenne nationale.
La santé physique suit une tendance similaire. Seules 13 % des femmes s’estiment en très bonne santé physique, contre 17 % des hommes. Ces écarts révèlent des disparités structurelles et remettent en question l’universalité des perceptions de bien-être dans la population suisse.
Le stress et la solitude, des symptômes particulièrement marqués
Le stress fait partie du quotidien d’une large majorité de la population suisse. Selon les données relayées par Blick, 71 % des personnes interrogées affirment ressentir du stress de manière régulière.
Mais cette tendance est accentuée chez les jeunes et les femmes : près de 40 % d’entre eux se déclarent très souvent ou souvent stressés. À titre de comparaison, ce taux descend à 21 % chez les hommes et à seulement 12 % chez les plus de 55 ans.
La solitude constitue un autre facteur de mal-être. Tandis que la moitié des jeunes interrogés disent s’être sentis seuls, cette proportion chute à un quart chez les seniors. Cette dichotomie générationnelle illustre les différences de cadre de vie, mais aussi de réseaux sociaux et de soutien dont disposent les uns et les autres.
Le média helvétique rapporte que ce sentiment d’isolement est particulièrement prégnant chez les jeunes adultes, ce qui contribue à une perception globale plus négative de leur santé mentale.
Une normalisation progressive du recours à l’aide psychologique
Face à cette situation, une évolution semble toutefois émerger : la demande de soutien psychologique devient plus visible et mieux acceptée. D’après la source, environ un quart de la population suisse a déjà eu recours à un traitement pour des troubles psychiques. Ce changement d’attitude pourrait refléter une meilleure sensibilisation et une réduction de la stigmatisation autour des problèmes de santé mentale.
Par ailleurs, certaines initiatives cherchent à adapter les réponses sanitaires aux besoins spécifiques des publics les plus vulnérables. Le Groupe Mutuel cite notamment le développement de la thérapie en ligne ou encore le soutien aux start-ups dans le domaine de la FemTech comme des pistes pour mieux accompagner les femmes.
Ces outils numériques pourraient contribuer à diversifier les formes d’accès à l’aide, notamment pour des personnes confrontées à des barrières géographiques ou culturelles.








