Primes maladie : cette mesure ciblant 100 médicaments pourrait alléger la facture des des Suisses de 3 milliards de francs

La Suisse ouvre la consultation sur des rabais visant les médicaments les plus vendus, une mesure clé pour freiner la hausse des coûts de la santé et des primes d’assurance.

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Primes maladie : cette mesure ciblant 80 médicaments pourrait alléger la facture des des Suisses de 3 milliards de francs : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

La progression continue des dépenses de santé en Suisse alimente un débat politique et économique de plus en plus pressant. Dans ce contexte, les autorités fédérales examinent des mesures ciblées pour freiner l’augmentation des coûts sans compromettre l’accès aux traitements ni la sécurité de l’approvisionnement. 

Parmi les pistes étudiées figure l’introduction de rabais sur les médicaments les plus vendus, un segment qui pèse lourdement sur les finances de l’assurance de base. Cette réforme potentielle s’inscrit dans une stratégie plus large visant à améliorer l’efficience du système de santé tout en répondant aux préoccupations des assurés face à la hausse des primes.

Une consultation fédérale pour instaurer des rabais de quantité

Le Conseil fédéral a officiellement ouvert une procédure de consultation sur des modifications d’ordonnance destinées à introduire des rabais sur les médicaments les plus vendus. Cette étape marque une nouvelle phase dans la mise en œuvre du paquet de mesures adopté par le Parlement il y a près d’un an pour contenir la hausse des coûts de la santé. Parmi ces mesures figurent les rabais de quantité, un mécanisme qui vise à obtenir des prix plus avantageux sur les traitements les plus prescrits.

Selon les données communiquées par les autorités, sur plus de 3 000 médicaments inscrits sur la liste des spécialités remboursées, les 80 à 100 produits les plus vendus génèrent à eux seuls plus d’un tiers des coûts pris en charge par l’assurance obligatoire des soins. Ce volume correspond à environ 3 milliards de francs par an. En ciblant ce segment restreint mais stratégique, le gouvernement espère agir là où l’impact budgétaire est le plus significatif.

Les rabais envisagés pourraient permettre de dégager environ 350 millions de francs d’économies annuelles. L’objectif affiché n’est pas de réduire l’accès aux traitements, mais d’ajuster les prix en fonction des volumes de vente, une pratique déjà répandue dans plusieurs systèmes de santé européens. Le Conseil fédéral souligne que cette mesure ne devrait pas nuire à l’approvisionnement en médicaments, les fabricants conservant un intérêt économique à fournir des produits à forte demande.

Cette consultation vise à recueillir les avis des acteurs concernés, notamment les assureurs, les professionnels de santé et l’industrie pharmaceutique. Le processus doit permettre d’affiner les modalités d’application et d’évaluer les effets potentiels sur le marché, dans un secteur où l’équilibre entre maîtrise des coûts et incitation à l’innovation demeure délicat.

Génériques et biosimilaires au cœur d’une stratégie de maîtrise des coûts

Parallèlement aux rabais envisagés, les autorités suisses entendent renforcer la promotion des génériques et des biosimilaires, considérés comme des alternatives thérapeutiques efficaces et moins coûteuses. Cette orientation vise à stimuler la concurrence sur le marché pharmaceutique et à réduire durablement la charge financière supportée par l’assurance de base.

Les génériques, dont les brevets ont expiré, sont généralement proposés à des prix inférieurs aux médicaments d’origine, tout en offrant une efficacité équivalente. Leur adoption plus large pourrait contribuer à réduire les dépenses sans modifier les pratiques médicales ni les résultats thérapeutiques. Les biosimilaires jouent un rôle similaire pour les médicaments biologiques, souvent parmi les plus onéreux du marché.

Les autorités souhaitent encourager la délivrance de ces alternatives, notamment en sensibilisant les professionnels de santé et les patients à leur sécurité et à leur efficacité. L’objectif est de favoriser des choix thérapeutiques économiquement soutenables, sans compromettre la qualité des soins. Cette démarche s’inscrit dans une logique de responsabilisation des acteurs du système de santé, appelés à contribuer à la maîtrise des dépenses.

En combinant rabais ciblés et promotion d’alternatives moins coûteuses, la Suisse cherche à contenir la progression des coûts tout en préservant les fondements de son système de santé. Cette approche pragmatique vise à répondre aux inquiétudes des assurés face à la hausse des primes, tout en maintenant un cadre favorable à l’innovation pharmaceutique et à la qualité des traitements disponibles.

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