En Suisse, l’inflation globale reste relativement modérée, mais certaines dépenses essentielles continuent d’augmenter et pèsent de plus en plus sur le budget des ménages. Les loyers, l’énergie et les assurances automobiles font partie des factures qui ont le plus progressé ces dernières années.
Ces hausses concernent des dépenses difficiles à éviter, ce qui renforce leur impact sur le pouvoir d’achat. Une analyse récente basée sur l’indice Lomo de Comparis met en évidence les postes qui ont le plus augmenté ainsi que les ménages les plus touchés.
Loyers, énergie et assurances auto en forte hausse
Selon l’indice Lomo publié par Comparis en collaboration avec l’Institut de recherche KOF de l’EPF Zurich, les coûts liés au logement et à la mobilité continuent d’augmenter plus rapidement que l’inflation générale. En février 2026, cet indice affiche une hausse de 0,2% sur un an, contre 0,1% pour l’indice des prix à la consommation de l’Office fédéral de la statistique, qui couvre plus de 1000 biens et services.
Les loyers, qui représentent le principal poste de dépenses des ménages, ont augmenté de 1,4% sur un an. Cette hausse dépasse la moyenne générale et touche particulièrement les ménages à faible revenu. Dans le même temps, les coûts de l’énergie restent un facteur important d’augmentation des dépenses. Sur cinq ans, l’énergie de chauffage a augmenté de 41,2%, tandis que l’électricité a progressé de 34,1%.
L’assurance des véhicules à moteur figure également parmi les dépenses en forte hausse. Les primes ont augmenté d’environ 20% en cinq ans et de 7,4% sur un an. Cette augmentation s’explique notamment par la hausse du coût des réparations automobiles. Les véhicules modernes intègrent davantage de composants électroniques, ce qui rend les réparations plus complexes et plus coûteuses. Le prix des pièces de rechange a ainsi augmenté de 19,1%, tandis que les coûts de service et de réparation ont progressé de 8,1%. L’augmentation du nombre de sinistres, notamment liés aux intempéries comme la grêle, contribue également à la hausse des primes d’assurance.
Sur les douze derniers mois, certaines dépenses ont encore progressé, notamment les courses en taxi, en hausse de 3,6%, ainsi que les services de nettoyage du logement, qui ont augmenté de 2,0%. Ces évolutions montrent que les coûts liés aux services et à la mobilité continuent d’augmenter malgré une inflation globale relativement faible.
Des baisses de prix mais des inégalités selon les ménages
Malgré ces hausses, certaines catégories de produits ont enregistré des baisses de prix. Les petits appareils ménagers ont par exemple diminué de 8,7%, l’outillage motorisé pour la maison et le jardin de 7,9%, les vélos et vélos électriques de 3,1% et les grands appareils électroménagers de 1,4%. Ces baisses concernent principalement des biens durables, qui ne compensent que partiellement la hausse des dépenses essentielles.
Sur un an, les carburants ont enregistré la baisse la plus importante, avec un recul de 5,3%. D’autres produits liés à l’équipement du ménage ont également baissé, comme les ustensiles de ménage ou l’énergie de chauffage sur une période plus récente. Ces baisses contribuent à limiter la hausse générale du coût de la vie, mais elles ne compensent pas entièrement la hausse des loyers, de l’énergie ou des assurances.
L’étude montre également que tous les ménages ne sont pas touchés de la même manière par ces hausses. Les personnes seules de 65 ans ou plus sont celles qui subissent l’inflation ressentie la plus élevée dans les domaines du logement et de la mobilité, avec une hausse de 0,5% sur un an et de 0,2% sur le dernier trimestre. À l’inverse, les couples de 65 ans ou plus sans enfant sont les moins touchés, avec une hausse trimestrielle de 0,1%.
Les différences apparaissent également selon le niveau de revenu. Les ménages aux revenus les plus modestes enregistrent la plus forte inflation ressentie, avec une hausse de 0,4% sur un an, tandis que les ménages à revenus élevés sont les moins touchés, avec une hausse de 0,1% sur un an, relève Watson. Ces écarts s’expliquent par le fait que les ménages modestes consacrent une part plus importante de leur budget aux dépenses incompressibles comme le logement, l’énergie et les transports.








