Depuis le début de l’opération Epic Fury il y a quelques semaines, la guerre en Iran a provoqué une instabilité majeure sur les marchés pétroliers. La hausse du prix du pétrole brut impacte directement les coûts des carburants, du transport et de l’énergie à travers le monde, y compris en Suisse.
Cette situation pourrait coûter jusqu’à 1700 francs par ménage suisse, selon les dernières projections. La hausse des prix du mazout et du gaz est particulièrement préoccupante, car ces sources d’énergie sont utilisées pour le chauffage de nombreux foyers en Suisse.
Un impact immédiat sur les ménages suisses
Les conséquences de l’augmentation des prix du pétrole sont rapidement ressenties par les ménages suisses, particulièrement en ce qui concerne les coûts du mazout et du gaz. Ces sources d’énergie, utilisées pour chauffer un tiers des bâtiments en Suisse, ont vu leur prix augmenter de manière spectaculaire. En mars 2026, le prix du mazout a bondi de 50 %, passant de 100 à environ 150 francs pour 100 litres. Cette augmentation représente un surcoût de 1,1 milliard de francs pour le pays. Selon le climatologue Cyril Brunner, ce surcoût pourrait se rapprocher de celui observé lors du déclenchement de la guerre en Ukraine, où les Suisses avaient payé des prix plus élevés pour l’énergie, atteignant jusqu’à 5 milliards de francs, rapporte 20Min.
Les effets de cette hausse ne se limitent pas seulement au mazout. Le prix du gaz, utilisé dans de nombreux foyers, subit également des hausses similaires, ce qui affecte davantage le budget des familles. L’augmentation des prix des carburants touche aussi les transports, augmentant les coûts des déplacements quotidiens, des produits importés et des services dépendants du transport. Au total, les économistes estiment que la guerre en Iran pourrait coûter jusqu’à 1700 francs supplémentaires par an et par ménage. Cependant, cette somme varie en fonction du mode de vie de chaque famille. Par exemple, ceux qui utilisent des voitures diesel ou vivent dans des maisons chauffées au mazout sont plus impactés que ceux qui roulent en voiture électrique ou vivent dans des appartements chauffés à l’électricité.
L’augmentation des coûts de l’énergie met en évidence la dépendance de la Suisse aux énergies fossiles. Cette situation souligne l’importance d’accélérer la transition énergétique pour réduire la vulnérabilité du pays face aux crises géopolitiques. Cyril Brunner prévient que plus la Suisse réussira à décarboner son économie, moins elle sera exposée aux fluctuations des prix des énergies fossiles. La guerre en Iran rappelle donc l’urgence de diversifier les sources d’énergie et de soutenir les initiatives de décarbonation pour rendre l’économie suisse plus résiliente face aux crises mondiales.
Perte de valeur ajoutée et ralentissement du PIB
Au-delà des hausses de coûts pour les consommateurs, la guerre en Iran a également des conséquences sur l’économie globale de la Suisse. Selon les économistes de l’institut BAK Economics, la hausse des prix du pétrole pourrait entraîner une perte de 0,3 point de PIB pour la Suisse si le prix du baril se maintient à 100 dollars. Cela représente une perte de 2,5 milliards de francs en valeur ajoutée pour l’économie helvétique. Cette baisse du PIB est attribuée à la hausse des coûts de production dans plusieurs secteurs, notamment l’industrie, le transport et la logistique, où les prix de l’énergie et du carburant jouent un rôle majeur.
Les entreprises suisses, notamment celles qui dépendent des énergies fossiles pour leurs processus de production, sont directement touchées par ces hausses de coûts. Les secteurs du transport, de la production industrielle et des biens de consommation pourraient voir leurs marges se réduire, ce qui affecterait la compétitivité des produits suisses sur le marché mondial. Cette pression sur les entreprises pourrait également se traduire par une augmentation des prix pour les consommateurs, aggravant ainsi l’effet inflationniste ressenti par la population.
De plus, le secteur de l’aviation, particulièrement impacté par la hausse du prix du kérosène, pourrait également voir ses coûts augmenter. En 2022, la hausse des prix du kérosène avait déjà coûté 1,4 milliard de francs à la Suisse, une somme susceptible d’augmenter si la situation actuelle perdure. Au total, ces différents facteurs pourraient ralentir la croissance économique du pays, ajoutant une pression supplémentaire sur le gouvernement et les entreprises pour trouver des solutions à cette crise.








