Keller-Sutter tire la sonnette d’alarme : La Suisse doit se préparer à une crise financière

La ministre des Finances Karin Keller Sutter met en garde contre les risques économiques mondiaux et les finances fédérales sous pression.

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Keller Sutter
Keller-Sutter tire la sonnette d’alarme : La Suisse doit se préparer à une crise financière : Crédit : AFP | Econostrum.info - Suisse

La ministre des Finances Karin Keller-Sutter a mis en garde contre les risques économiques et financiers qui pourraient toucher la Suisse dans les prochaines années. Dans un contexte marqué par l’endettement mondial, les tensions géopolitiques et la hausse des taux d’intérêt, la conseillère fédérale estime que plusieurs facteurs pourraient provoquer une crise économique et financière. 

En parallèle, la Confédération doit faire face à des finances publiques sous pression et à des débats politiques sur les dépenses et les économies budgétaires. Ces déclarations interviennent alors que la Suisse doit financer de nouvelles dépenses, notamment pour l’armée et l’AVS, tout en respectant le frein à l’endettement.

Des finances fédérales sous pression et des économies encore nécessaires

Dans une interview relatée par Watson, Karin Keller-Sutter a rappelé que les finances fédérales restent sous pression malgré un excédent enregistré récemment. Le programme d’économies présenté par le Conseil fédéral, initialement prévu à 2,4 milliards de francs, a été réduit à 1,4 milliard par le Parlement. Selon la ministre des Finances, il reste encore environ 600 millions de francs à corriger pour le budget 2027.

Depuis plusieurs années, la Confédération doit corriger ses budgets de plus d’un milliard de francs par an. La croissance des dépenses fédérales, notamment dans les subventions et les dépenses liées à des obligations légales, rend les économies plus difficiles à réaliser. La ministre souligne que tout le monde souhaite des économies, mais que peu de secteurs acceptent des réductions de dépenses.

Le Conseil fédéral a notamment lancé un programme d’allègement budgétaire afin de financer plusieurs projets importants, notamment la 13e rente AVS et l’augmentation des dépenses militaires. Ces deux postes représentent plus de 2 milliards de francs par an. Si les économies ne sont pas suffisantes, de nouvelles recettes pourraient être nécessaires, notamment par une hausse de la TVA, qui devrait être soumise au Parlement et éventuellement au peuple.

La ministre insiste également sur l’importance du frein à l’endettement, qu’elle considère comme un élément central de la stabilité financière de la Suisse. Selon elle, sur le long terme, l’État ne peut pas dépenser plus qu’il ne gagne, même si des dépenses supplémentaires peuvent être nécessaires dans des situations exceptionnelles.

Des risques économiques et financiers internationaux qui inquiètent la Suisse

Au-delà des finances fédérales, Karin Keller-Sutter s’inquiète également de la situation économique internationale. Elle évoque plusieurs facteurs de risque, notamment l’endettement élevé de nombreux États, les tensions géopolitiques, la hausse des prix de l’énergie et les risques d’inflation et de hausse des taux d’intérêt.

Selon elle, ces éléments constituent les ingrédients d’une crise économique et financière. Elle estime que la Suisse ne doit pas se croire à l’abri des crises internationales et doit maintenir des finances publiques solides pour pouvoir réagir en cas de crise, comme cela avait été le cas pendant la pandémie de Covid-19.

La question de la stabilité du système financier reste également un sujet important, notamment après la crise de Credit Suisse en 2023. Les autorités suisses travaillent actuellement sur un renforcement de la réglementation bancaire, en particulier pour UBS, afin de réduire les risques pour les contribuables en cas de nouvelle crise bancaire.

La ministre souligne que la question centrale est de savoir qui doit porter le risque en cas de crise bancaire, les actionnaires ou les contribuables. L’objectif des autorités est d’éviter que l’État doive intervenir à nouveau pour sauver une grande banque.

La Suisse doit donc faire face à plusieurs défis simultanés: des finances fédérales sous pression, des dépenses publiques en hausse, des débats politiques sur les économies et un contexte économique international incertain. Les autorités fédérales insistent sur la nécessité de maintenir des finances publiques solides afin de pouvoir faire face à une éventuelle crise économique ou financière dans les prochaines années.

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