Les consommateurs suisses qui achètent en ligne font face à des différences de prix marquées selon le pays d’achat. Une étude récente révèle que les prix pratiqués par plusieurs grandes marques sur leurs sites suisses sont nettement plus élevés que sur leurs plateformes françaises ou allemandes. Cette disparité soulève des questions sur la politique tarifaire appliquée aux clients suisses.
Le commerce en ligne s’est imposé comme un canal incontournable pour les achats, mais il n’est pas sans inégalités. La Fédération romande des consommateurs (FRC) a comparé les tarifs de 20 marques dans plusieurs catégories de produits et a mis en lumière des écarts importants entre les boutiques en ligne suisses et leurs homologues en France et en Allemagne. Comprendre ces différences est essentiel pour les consommateurs qui cherchent à optimiser leur pouvoir d’achat.
Des écarts de prix importants entre la Suisse et ses voisins
La Fédération romande des consommateurs a analysé plus d’une centaine d’articles répartis dans six catégories : vêtements, sportswear, électroménager, jeux vidéo, ameublement et électronique. Le constat est clair : les prix en Suisse sont en moyenne 33 % plus élevés que ceux affichés sur les sites français et allemands.
Blick rapporte que parmi les marques étudiées, H&M et Zara affichent les différences les plus marquées. Par exemple, une veste Teddy Bear chez H&M coûte 60,15 francs sur le site français contre 118,55 francs en Suisse. De même, un manteau Zara est proposé à 112 francs en France et 210,45 francs en Suisse. Cette étude montre un écart très net, et non isolé, entre les différentes plateformes en ligne selon le pays.
Ikea, autre acteur majeur du marché, pratique aussi des tarifs plus élevés en Suisse. Le canapé trois places Ektorp coûte 550,50 francs sur la boutique suisse contre 341,75 francs sur le site allemand. Cette différence est justifiée par Ikea par des normes plus strictes, des coûts logistiques et salariaux plus élevés, ainsi que la fiscalité spécifique à la Suisse.
Des différences justifiées par des conditions de marché spécifiques
Les marques H&M et Inditex, propriétaire de Zara, expliquent que leurs prix sont adaptés aux particularités de chaque marché. Le média helvétique mentionne qu’Inditex affirme fixer ses tarifs en fonction des conditions spécifiques à chaque pays, tandis que H&M indique que ses prix suivent le niveau local.
Ikea insiste sur une moyenne d’écart de 11 % lorsqu’on considère l’ensemble de son assortiment, un chiffre nettement plus bas que celui révélé par l’étude de la FRC pour certains articles.
Dans le secteur de l’électronique, les écarts sont moins prononcés. Le média helvétique note que Dell, par exemple, propose un écran QD-OLED Alienware 34 pouces à 684,30 francs sur son site allemand, contre 717,30 francs en Suisse.
Cette différence modérée est expliquée par la concurrence plus forte sur ce marché, ainsi que par l’existence d’importations parallèles qui rendent difficile le verrouillage des prix suisses. Digitec, un important distributeur suisse, confirme que les revendeurs peuvent importer des produits sans passer par les canaux officiels, ce qui joue sur les prix et la TVA.
Les limites des achats sur les sites étrangers pour les consommateurs suisses
L’interdiction du géoblocage, entrée en vigueur en 2022, a permis aux consommateurs suisses d’accéder librement aux boutiques en ligne étrangères. Selon la source, cette mesure issue d’un contre-projet à l’initiative pour des prix équitables vise à limiter les barrières d’accès aux produits étrangers. Néanmoins, les sites français ou allemands ne sont pas obligés de livrer directement en Suisse, ce qui complique parfois la commande.
Il est possible de contourner cette contrainte en faisant livrer les colis à des points de retrait situés à la frontière, comme des bureaux de poste ou des services de réexpédition. Ces solutions restent cependant des démarches supplémentaires pour les consommateurs, qui doivent souvent s’organiser pour récupérer leurs achats.
La Fédération romande des consommateurs conseille ainsi de faire remonter leur insatisfaction aux marques concernées, afin d’obtenir des éclaircissements ou faire pression pour une meilleure équité tarifaire.








