Une commune romande envisage d’augmenter son coefficient fiscal afin de faire face à la hausse des charges et de financer des investissements publics jugés nécessaires. Cette décision intervient après plusieurs années durant lesquelles la commune a maintenu une fiscalité relativement basse par rapport aux autres communes du canton de Neuchâtel.
Les autorités communales estiment aujourd’hui qu’il devient difficile de maintenir l’équilibre financier sans augmenter les recettes fiscales. Le projet doit encore être soumis au Conseil général et pourrait entrer en vigueur progressivement à partir de 2027.
Une hausse progressive du coefficient fiscal sur trois ans
Le Conseil communal de Milvignes propose de faire passer le coefficient fiscal de 63 à 68 points sur une période de trois ans. Cette augmentation se ferait en deux étapes si le Conseil général donne son accord lors de sa séance prévue le 29 avril. Le coefficient fiscal augmenterait d’abord de 3 points en 2027, puis de 2 points en 2028.
Milvignes regroupe les villages de Colombier, Auvernier et Bôle et compte près de 10 000 habitants. La commune affiche actuellement le coefficient fiscal le plus bas du canton de Neuchâtel. Selon les autorités communales, cette situation a pu être maintenue pendant plusieurs années grâce au report de nombreux investissements publics. Ces investissements doivent désormais être réalisés, ce qui nécessite des ressources financières supplémentaires.
Avec cette augmentation, la commune se situerait au 8e rang de la fiscalité neuchâteloise. Le coefficient fiscal resterait néanmoins proche de la moyenne cantonale, qui se situe à 71,1 points. L’augmentation représenterait un effort estimé à environ 200 francs par an et par habitant, selon les estimations communales.
Les autorités communales expliquent que cette hausse doit permettre de répondre à l’évolution des charges tout en continuant à assurer les prestations publiques à la population. L’objectif est également de préserver la solidité des finances communales sur le long terme.
Maintenir les prestations publiques et l’équilibre des finances communales
La hausse du coefficient fiscal envisagée par la commune de Milvignes s’inscrit dans un contexte plus large de hausse des coûts pour les collectivités publiques. Les communes doivent financer de nombreuses prestations, notamment les infrastructures, les écoles, les équipements publics, l’entretien des routes ou encore les services à la population.
Lorsque des investissements sont reportés pendant plusieurs années, cela permet de maintenir temporairement un niveau d’imposition plus bas. Mais ces investissements doivent ensuite être réalisés, ce qui peut obliger les autorités à augmenter les recettes fiscales pour éviter une dégradation des finances communales.
Dans le cas de Milvignes, les autorités expliquent qu’il devient difficile de maintenir l’équilibre financier tout en conservant le coefficient fiscal actuel, indique Watson. L’augmentation proposée vise donc à financer les investissements nécessaires sans augmenter excessivement l’endettement communal.
Le projet doit encore être validé par le Conseil général. Ce type de décision est souvent sensible au niveau communal, car il a un impact direct sur le budget des habitants. Les autorités devront donc convaincre que cette hausse est nécessaire pour maintenir la qualité des prestations publiques et garantir la stabilité financière de la commune.








