La grippe gagne déjà du terrain alors que l’hiver est encore loin. Aux États-Unis, plusieurs indicateurs progressent depuis la fin août et le début septembre : tests positifs, consultations ou hospitalisations. La côte ouest est particulièrement concernée.
Dans leur bulletin publié le 16 octobre, les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies, les CDC, décrivent une activité supérieure à celle habituellement observée à cette période. Ils apportent toutefois une précision : elle reste faible et dans les fluctuations saisonnières attendues. Le H1N1 est majoritaire parmi les virus de type A dont le sous-type a été identifié.
Les anticorps de certains jeunes moins efficaces en laboratoire
Un autre signal attire l’attention : la mutation G155E, repérée sur certaines souches du virus grippal A(H1N1). Des chercheurs ont étudié la façon dont des anticorps présents dans des échantillons sanguins neutralisent différentes souches de grippe.
Le résultat varie d’une personne à l’autre. Avec G155E, certains échantillons montrent une baisse marquée de cette capacité de neutralisation. Les personnes concernées sont plus souvent des adolescents ou de jeunes adultes, d’après les analyses présentées.
Cela signifie que certains anticorps neutralisent moins bien ces souches dans les conditions du test. L’observation mérite d’être suivie, mais elle ne démontre pas que tous les jeunes seraient moins protégés, ni qu’ils développeraient des formes plus graves.
Ces travaux sont une prépublication, disponible sur PubMed. Ils n’ont pas encore été évalués par les pairs dans une revue scientifique. Ils donnent des indices sur l’évolution du virus, sans permettre de prévoir à eux seuls le déroulement de l’hiver.
Un départ précoce ne prédit pas forcément une vague plus forte
Le calendrier inhabituel dépasse les États-Unis. Dans son point sur la saison grippale, 20 Minutes rapporte également des signaux précoces au Royaume-Uni. Au Japon, des épisodes de grippe en août et au début septembre ont même conduit à fermer des écoles.
De quoi s’interroger sur les mois à venir. L’épidémiologiste James Hay, de l’Université d’Oxford, rappelle néanmoins qu’un début de saison avancé ne signifie pas nécessairement une épidémie particulièrement sévère.
La précocité de la circulation et les effets possibles d’une mutation sont deux questions à suivre séparément. À ce stade, les données ne permettent pas d’annoncer une saison exceptionnellement difficile.
En Suisse, pas de date certaine pour le début de la vague
Le bilan rapporté en Suisse est moins inhabituel : le nombre de cas signalés se situe à peu près au niveau de l’année précédente. Davantage d’infections confirmées en laboratoire ont toutefois été observées à la fin de l’été que lors des mêmes périodes des années antérieures.
L’Office fédéral de la santé publique rappelle qu’il est impossible de prévoir exactement le démarrage de la vague. Dans son communiqué du 13 octobre, il situe son arrivée habituelle en Suisse à partir de la seconde moitié de décembre.
Deux semaines de vaccination prévues en novembre
Pour la vaccination antigrippale, l’OFSP recommande la période allant de la mi-octobre au début de la vague. La vaccination est notamment recommandée aux personnes de 65 ans et plus, aux femmes enceintes et aux personnes atteintes de maladies chroniques.
Certains vaccins connaissent des retards de livraison en Suisse, comme ailleurs en Europe. L’OFSP assure néanmoins que les personnes souhaitant se faire vacciner pourront le faire avant le début de la vague.
Deux semaines nationales sont programmées du 2 au 7 novembre, puis du 23 au 28 novembre 2026. Les cabinets médicaux et pharmacies participants proposeront conseils et vaccination, selon les recommandations adaptées à chacun.
Des recommandations détaillées sont disponibles sur le site vacciner-suisse.ch.








