Au pays du chocolat, les achats ralentissent : les volumes vendus en Suisse reculent de 6 %

Même au pays du chocolat, les consommateurs regardent les prix avant de se faire plaisir. Au premier semestre 2026, les fabricants suisses ont vendu 6 % de produits chocolatés en moins sur le marché intérieur.

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Au pays du chocolat, les achats ralentissent : les volumes vendus en Suisse reculent de 6 % : Crédit : Sven Thomann via Blick | Econostrum.info - Suisse

Acheter moins ou choisir une gamme moins chère : face aux prix, certains consommateurs revoient leurs habitudes. Le chocolat haut de gamme ressent particulièrement ces arbitrages. Pour les fabricants, l’équation se complique. Leurs coûts restent élevés, mais les clients ne suivent plus forcément lorsque les tarifs augmentent.

Des quantités vendues en baisse pour la deuxième année

Les statistiques de Chocosuisse, la Fédération des fabricants suisses de chocolat, confirment la poursuite du ralentissement. Entre janvier et juin 2026, les volumes écoulés par ses entreprises membres sur le marché intérieur ont diminué de 6 % par rapport à la même période de 2025.

Le chiffre d’affaires de ces ventes a reculé moins fortement, de 2,4 %. L’écart reflète un prix moyen plus élevé par kilogramme vendu. Les fabricants vendent moins de produits, mais leurs recettes ne diminuent pas dans les mêmes proportions.

Ces statistiques comprennent les produits finis, ainsi que les produits semi-finis et les poudres utilisés notamment par d’autres professionnels. Elles portent sur les ventes des fabricants suisses, et ne représentent donc pas l’ensemble des achats de chocolat, toutes origines confondues, dans le pays.

Le mouvement avait commencé auparavant. En 2025, les volumes de chocolat suisse vendus sur le marché intérieur avaient déjà baissé de 4,4 %.

Le cacao plus cher se retrouve sur l’étiquette

Le prix du cacao est au cœur du problème. Selon un reportage de la RTS, son coût a triplé en trois ans. Cette envolée a augmenté les dépenses des fabricants, qui ont relevé certains tarifs.

« Il a fallu répercuter les prix sur les chocolats », explique Julie Henry, directrice marketing de Villars, au média. Elle souligne aussi que les consommateurs comparent les produits et leur qualité avant de décider de leurs achats.

Pour le chocolat haut de gamme, ces choix deviennent particulièrement sensibles. Certains acheteurs privilégient des références moins chères, tandis que d’autres en consomment moins. Chez Lindt & Sprüngli, certains prix ont commencé à baisser après les augmentations des dernières années, indique le quotidien.

Le budget n’explique cependant pas tout. Le reportage évoque aussi une évolution des habitudes vers une alimentation perçue comme plus saine. Les fabricants doivent donc composer avec deux changements simultanés : davantage d’attention portée aux dépenses et une consommation qui évolue.

L’étranger reste essentiel, mais ne suffit pas à compenser

La Suisse demeure un pays de grands consommateurs de chocolat. En 2025, la moyenne atteignait 10,3 kilos par habitant, tous chocolats confondus. Elle était néanmoins en baisse de 2,7 % sur un an.

Le chocolat fabriqué en Suisse a davantage reculé que le chocolat importé, dont la consommation est restée presque stable. Les produits venus de l’étranger représentaient environ 41 % du chocolat consommé dans le pays.

Pour les industriels, les marchés étrangers sont déjà essentiels : ils absorbaient 71,1 % des volumes vendus en 2025. L’Allemagne, le Royaume-Uni, la France, le Canada et les États-Unis figurent parmi leurs principaux débouchés.

Mais ces marchés connaissent eux aussi un ralentissement. Au premier semestre 2026, les volumes exportés ont diminué de 9,5 %. Leur chiffre d’affaires a beaucoup mieux résisté, avec une baisse limitée à 0,4 %. À l’étranger comme en Suisse, des recettes relativement stables peuvent ainsi masquer une diminution sensible des quantités vendues.

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