Pour une famille dont le budget est déjà serré, perdre une partie de ses aides oblige à revoir les dépenses du quotidien. C’est ce que redoutent certains bénéficiaires vaudois des prestations complémentaires cantonales pour familles, les PC Familles. Dès janvier prochain, le montant de loyer retenu pour calculer leur soutien financier changera.
Selon les estimations cantonales, environ 300 ménages sur 5 000 bénéficiaires verront leurs prestations diminuer. La perte maximale annoncée, de 300 francs mensuels, représente 3 600 francs sur douze mois. Ce montant reste un maximum, qui ne concerne pas toutes les familles touchées.
Un plafond de loyer désormais fixé commune par commune
Aujourd’hui, le calcul de l’aide repose sur des plafonds de loyer répartis entre trois régions. Pour tenir compte des tensions sur le marché immobilier, le Canton applique une majoration de 20 % à ces plafonds.
Cette majoration disparaîtra au 1er janvier 2027. Elle laissera place à un barème défini pour chaque commune, censé correspondre davantage aux loyers locaux. Adopté en septembre 2025 pour le revenu d’insertion, ce dispositif sera ainsi étendu aux PC Familles.
La Direction générale de la cohésion sociale estime que le barème actuel ne correspond plus suffisamment au marché. Elle défend une adaptation tenant compte de l’ancrage social et professionnel des bénéficiaires.
Pour certains ménages, toutefois, le loyer retenu dans le calcul deviendra moins favorable. Leur aide diminuera alors, sans que leur facture de logement baisse pour autant. C’est cette différence qui suscite l’inquiétude des familles concernées.
Une perte comprise entre quelques dizaines et 300 francs par mois
Parmi les ménages qui subiront une diminution, 19 % perdront moins de 50 francs par mois. La majorité, soit 58 %, verra ses prestations reculer de 50 à 150 francs mensuels. Pour les 23 % restants, la baisse sera comprise entre 150 et 300 francs.
Vanessa, prénom d’emprunt utilisé dans un article publié par 20 minutes, appartient à cette dernière catégorie. Cette mère au foyer de deux jeunes enfants, installée dans le Gros-de-Vaud, annonce une perte de 192 francs par mois, soit 2 304 francs sur une année complète.
Elle explique devoir déjà composer avec la hausse des primes d’assurance maladie et des dépenses de transport. À ses yeux, cette réduction menace directement les dépenses essentielles : « Supprimer presque 200 francs à une famille précarisée, c’est directement impacter l’assiette des enfants », confie-t-elle au média.
Son témoignage illustre l’enjeu derrière les nouveaux plafonds. Une baisse mensuelle qui se répète peut peser lourd sur un budget disposant de peu de marge.
Le Canton défend une réforme globalement neutre
Les autorités assurent que cette modification ne constitue pas une mesure d’économie. Son impact global est estimé neutre financièrement, les baisses prévues pour certains ménages devant être compensées par des hausses pour d’autres. Pour les familles qui ne font pas partie des quelque 300 ménages pénalisés, l’effet serait donc neutre ou positif.
Le Canton propose également aux bénéficiaires concernés un accompagnement visant à renforcer leur autonomie, notamment par l’accès à l’emploi.
Cette proposition laisse Vanessa perplexe. Elle affirme que les autorités l’avaient auparavant encouragée à interrompre son activité, car rester au foyer coûtait moins cher que financer la garde de ses enfants. L’un d’eux n’est pas encore scolarisé. Pour elle, retrouver un emploi suppose donc aussi de résoudre cette question de garde, alors que la baisse de ses prestations doit intervenir dès janvier.








