Diesel en Suisse : un espoir de répit à la pompe grâce à l’accord du G7

Le G7 prévoit de libérer 100 millions de barils de diesel et d’autres réserves pétrolières sur quatre mois. Cette intervention pourrait faire baisser les prix du carburant en Suisse, mais son effet à la pompe reste incertain, tant sur son ampleur que sur sa durée.

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Diesel en Suisse : un espoir de répit à la pompe grâce à l’accord du G7 : Crédit : Shutterstock | Econostrum.info - Suisse

Un plein moins coûteux dans les prochaines semaines ? Les automobilistes suisses peuvent l’espérer après l’accord conclu vendredi 2 octobre par les pays du G7. En remettant des réserves sur le marché, les grandes économies cherchent à soulager les tensions sur l’approvisionnement, notamment en diesel.

Une quantité importante de ce carburant doit être libérée dans les vingt premiers jours, dans le cadre d’une opération coordonnée par l’Agence internationale de l’énergie. Le calendrier prévoit un déblocage sur quatre mois. Reste à savoir à quelle vitesse cette offre supplémentaire se retrouvera dans les prix affichés par les stations-service.

Davantage de diesel disponible, mais une baisse encore à attendre

L’annonce a donné un signal favorable aux marchés. Les contrats européens sur le gasoil, qui servent de référence pour le diesel, ont reculé après les premières déclarations, avant de regagner une partie du terrain perdu. Cette réaction traduit l’anticipation d’un approvisionnement moins tendu, sans garantir une diminution immédiate pour les consommateurs.

Pour les automobilistes, la différence est essentielle. Une baisse sur les marchés ne correspond pas à une réduction instantanée du prix du litre. L’arrivée de nouvelles quantités devrait d’abord peser sur les prix de gros. La Suisse pourrait ensuite en bénéficier avec un décalage.

L’accord comprend aussi un engagement des membres du G7 à ne pas restreindre entre eux les exportations d’énergie et de produits énergétiques. Il éloigne ainsi, pour l’heure, la menace américaine de bloquer les exportations de diesel, qui aurait ajouté une difficulté à l’approvisionnement européen.

Aucun montant précis de baisse à la pompe n’est toutefois annoncé pour la Suisse. Il serait donc prématuré de chiffrer l’économie possible sur un plein.

Octobre et novembre pourraient apporter un répit

Interrogée dans l’analyse relayée par Blick, Sarah Raffoul, analyste chez Argus Media, s’attend à une baisse des prix du diesel à court terme. L’amélioration pourrait être particulièrement perceptible en octobre et novembre, lorsque l’essentiel des volumes débloqués arrivera sur le marché.

Une inconnue demeure pourtant : la part exacte de diesel dans les 100 millions de barils annoncés. Ce total englobe également du pétrole brut et ne représente donc pas uniquement du carburant directement utilisable.

La distinction compte pour comprendre l’effet attendu. Le brut doit encore être raffiné, tandis que le diesel libéré peut contribuer plus directement à détendre le marché de ce carburant. Plus sa proportion sera importante, plus l’intervention pourra répondre à la pénurie visée.

Le calendrier des livraisons et leur composition seront donc déterminants. L’annonce ouvre une perspective favorable, mais elle ne permet pas encore de prévoir une date à laquelle les stations suisses afficheraient des tarifs sensiblement inférieurs.

Une intervention qui ne règle pas les difficultés de fond

Tous les experts ne partagent pas le même optimisme. Citée par Blick, Samina Sultan, économiste à l’Institut de l’économie allemande, estime que le recours aux réserves peut atténuer temporairement la flambée, sans résoudre les problèmes d’approvisionnement et de raffinage.

Les perturbations liées à la situation dans le détroit d’Ormuz continuent notamment de peser sur le marché. Remettre des stocks en circulation apporte un soutien ponctuel, mais une normalisation durable dépend aussi de l’évolution de ces difficultés.

Le précédent du printemps invite à la prudence : l’annonce d’un déblocage massif des réserves de l’AIE n’avait pas immédiatement stoppé la hausse des cours. Cette fois, l’attention portée au diesel pourrait favoriser un soulagement plus ciblé.

Pour les conducteurs suisses, les prochaines semaines permettront de vérifier si ce répit se concrétise, et surtout s’il résiste au-delà de l’arrivée des premiers volumes.

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