Les Suisses continuent d’accumuler les richesses, mais leur niveau d’endettement vient changer complètement le classement. Fin 2025, chaque habitant disposait en moyenne de 384’000 francs de patrimoine financier brut, selon le Global Wealth Report 2026 d’Allianz. La Suisse conserve ainsi sa première place mondiale parmi les 60 pays étudiés.
Au total, les ménages suisses détenaient 3,4 billions de francs d’actifs financiers. Cette fortune comprend notamment les dépôts bancaires, les titres, les assurances et les avoirs de prévoyance. Les biens immobiliers ne sont en revanche pas inclus dans ce calcul. Mais cette première place ne résiste pas lorsqu’on soustrait les dettes.
Les hypothèques changent complètement le classement
Fin 2025, les dettes des ménages suisses atteignaient 1,13 billion de francs. Une fois ce montant déduit du patrimoine financier brut, il reste 261’138 francs par habitant.
La Suisse passe alors derrière les États-Unis, qui affichent un patrimoine net supérieur.
La principale explication se trouve dans le fonctionnement du marché immobilier suisse. Les propriétaires conservent souvent une partie importante de leur dette hypothécaire pendant de très longues périodes, parfois durant toute leur vie.
Aux États-Unis, les crédits immobiliers sont traditionnellement amortis jusqu’à leur remboursement complet. Cette différence pèse donc lourd dans le calcul du patrimoine net suisse.
Le paradoxe est d’autant plus frappant que les ménages suisses ont continué à s’enrichir en 2025. Leur patrimoine financier brut a progressé de 4%, principalement grâce aux marchés financiers.
La Bourse tire les fortunes vers le haut
Les titres ont enregistré une progression de 9,7% en Suisse sur l’année. Les dépôts bancaires n’ont augmenté que de 1,9%, tandis que les assurances et les avoirs de retraite ont progressé de 1,1%.
Les fonds d’investissement ont également rencontré un important succès. Les ménages suisses en ont acheté pour 35,6 milliards de francs en 2025, soit le deuxième montant le plus élevé depuis le début de la série statistique.
Dans le même temps, ils ont vendu pour 6,6 milliards de francs d’actions, relève Blick.
À l’échelle mondiale, la progression a été encore plus spectaculaire. Les patrimoines financiers ont augmenté de 8,6% pour atteindre 253,8 billions de francs. Les titres ont bondi de 12,4%, contre une hausse nettement plus faible pour les dépôts bancaires.
Mais cette apparente explosion des richesses doit être relativisée par l’inflation. Depuis 2019, le patrimoine financier mondial a progressé de 50% en valeur nominale, mais seulement de 23% une fois la hausse des prix prise en compte. La Suisse fait mieux avec une progression réelle de 13,3%.
Le prochain danger pourrait venir des marchés
Allianz table encore sur une hausse mondiale des patrimoines d’environ 9% en 2026, notamment portée par l’envolée des marchés liée à l’intelligence artificielle.
Mais cette progression repose aussi sur des valorisations élevées. Depuis fin 2022, le S&P 500 a progressé d’environ 95%.
Dans son analyse, Allianz met donc en garde contre le risque d’une correction importante. Une chute de 25% du marché américain pourrait entraîner une perte de quelque 27’000 milliards de dollars de patrimoine pour les ménages américains sur une seule année.
Autrement dit, la fortune continue de progresser, mais une partie de cette richesse reste directement exposée aux marchés financiers.








