Le fossé financier continue de se creuser en Suisse. Alors que les ménages les plus aisés parviennent davantage à préserver leur niveau de vie, les foyers aux revenus modestes ressentent de plus en plus fortement la pression des dépenses quotidiennes, notamment celle des primes maladie.
Selon une nouvelle étude de Comparis, un quart des adultes suisses estiment que leur situation financière s’est dégradée en 2026. Mais derrière cette moyenne nationale se cache une réalité très différente selon le niveau de revenu.
Les petits revenus sont les plus touchés
La différence est particulièrement marquée entre les catégories de revenus.
Parmi les personnes gagnant moins de 4000 francs bruts par mois, 41% considèrent que leur situation financière est moins bonne qu’en 2025. À l’inverse, cette proportion tombe à 18% chez les ménages dont les revenus dépassent 8000 francs mensuels.
Pour les foyers les plus modestes, les dépenses essentielles deviennent donc de plus en plus difficiles à absorber, alors que les marges de manœuvre restent limitées.
La hausse des primes d’assurance maladie apparaît comme l’un des principaux facteurs de cette pression financière. Plus de la moitié des personnes déclarant une dégradation de leur situation citent ces primes comme une cause importante.
Les primes maladie deviennent un poids majeur
L’augmentation continue des coûts de la santé pèse particulièrement sur les ménages disposant de faibles revenus.
Selon l’étude de Comparis, plus d’un quart des personnes aux revenus modestes déclarent avoir régulièrement des difficultés à payer leurs primes maladie. Près des deux tiers des personnes gagnant moins de 4000 francs bénéficient d’ailleurs d’une réduction individuelle des primes.
À l’échelle de l’ensemble de la population, environ deux tiers des personnes interrogées indiquent encore pouvoir payer leurs primes sans difficulté.
Face à cette situation, Comparis évoque notamment l’idée d’un versement automatique des aides aux personnes qui y ont droit, afin d’éviter que certains ménages passent à côté de ces soutiens financiers.
L’épargne devient un privilège pour les plus aisés
La différence entre les revenus se retrouve également dans la capacité à mettre de l’argent de côté.
Chez les ménages modestes, près d’un tiers des personnes interrogées affirment n’avoir que rarement, voire jamais, de marge financière pour épargner.
La situation est très différente pour les foyers gagnant plus de 8000 francs par mois. Deux tiers d’entre eux parviennent à économiser une partie de leurs revenus, et près de la moitié de ces ménages investissent ensuite cette épargne dans des placements financiers.
Pour les revenus plus faibles, l’argent disponible sert avant tout à absorber les dépenses courantes.
Malgré tout, les jeunes restent optimistes
Malgré ces difficultés, les Suisses ne perdent pas totalement confiance dans l’avenir.
Chez les 18-35 ans, plus de sept personnes sur dix pensent que leur situation financière pourrait s’améliorer au cours des cinq prochaines années.
L’optimisme reste toutefois très lié au niveau de revenu. Alors que 40% des personnes aux revenus modestes craignent une dégradation de leur situation, cette inquiétude ne concerne qu’environ 15% des ménages les plus aisés.
L’étude de Comparis met ainsi en lumière une fracture grandissante. En Suisse, la hausse du coût de la vie ne touche pas tous les ménages avec la même intensité.








