Les Suisses sont champions du monde d’une drôle d’habitude au supermarché qui leur coûte 119 francs par an

Un petit logo bleu et vert s’est fait une place de choix dans les habitudes des consommateurs suisses. Et les chiffres montrent à quel point les Helvètes lui font confiance.

Publié le
Lecture : 3 min
suisse
Les Suisses sont champions du monde d’une drôle d’habitude au supermarché qui leur coûte 119 francs par an : Crédit : Shutterstock | Econostrum.info - Suisse

Les consommateurs suisses restent, année après année, les plus gros acheteurs de produits Fairtrade au monde. Avec 119 francs dépensés en moyenne par habitant, le pays devance largement les autres marchés et pose une question : cette popularité vient-elle du pouvoir d’achat ou d’une véritable sensibilité aux achats responsables ?

Le phénomène ne date pas d’hier. Les produits portant le label Fairtrade Max Havelaar sont devenus très présents dans les rayons suisses, des grandes surfaces aux commerces spécialisés. Café, cacao, bananes, fleurs ou encore autres produits du quotidien. Le petit logo bleu et vert s’est progressivement installé dans les habitudes de consommation.

Que garantit réellement le label Fairtrade ?

D’après le dernier rapport de Fairtrade Max Havelaar, les consommateurs suisses ont acheté pour 1,075 milliard de francs de produits certifiés, soit une progression de 6,3 % sur un an. Ces achats ont également généré 14,7 millions de dollars de primes Fairtrade.

Le principe du Fairtrade repose notamment sur un prix minimum destiné à mieux protéger les producteurs lorsque les cours du marché sont trop faibles. À cela s’ajoute une prime Fairtrade versée directement aux coopératives de producteurs et aux travailleurs concernés.

Cette somme n’est pas imposée par l’organisation. Les bénéficiaires décident collectivement de son utilisation. Elle peut servir à financer un accompagnement agricole, améliorer les infrastructures d’une coopérative ou soutenir des projets locaux, comme la construction d’une école ou d’un centre médical.

Fabian Waldmeier, CEO de Fairtrade Max Havelaar, raconte notamment avoir découvert en Éthiopie une coopérative ayant utilisé cette prime pour construire un pont permettant à des producteurs d’accéder plus facilement à une station de lavage du café.

Au Kenya, il évoque également la construction d’une maternité dans une région consacrée à la culture des fleurs, note Blick.

Le responsable insiste sur un principe : les décisions concernant l’utilisation de cet argent doivent revenir aux personnes directement concernées, plutôt qu’être prises depuis la Suisse.

Pourquoi le label séduit-il autant en Suisse ?

Les Suisses dépensent en moyenne 119 francs par personne et par an dans les produits Fairtrade. Une performance qui fait du pays le premier marché mondial par habitant pour ces produits.

Le pouvoir d’achat joue évidemment un rôle, reconnaît Fabian Waldmeier. Mais il ne suffirait pas à expliquer à lui seul cette position.

La Suisse bénéficie aussi d’une très forte présence du label dans les magasins. Quelque 3700 produits Fairtrade sont actuellement disponibles dans le pays et sont distribués notamment par les grandes enseignes alimentaires.

Cette accessibilité facilite forcément les achats responsables. Lorsqu’un produit certifié se trouve directement dans les rayons habituels et dans différentes gammes de prix, le consommateur n’a pas besoin de chercher très longtemps pour le trouver.

La différence avec l’Amérique du Nord serait également liée à la connaissance du label. Fabian Waldmeier estime qu’elle se situe entre 40 et 50 % dans cette région, contre 80 à 90 % en Europe.

Autrement dit, le pouvoir d’achat ne ferait pas tout. Encore faut-il connaître le label et pouvoir facilement trouver les produits qui le portent.

Fairtrade ne signifie pas forcément bio

Une confusion revient régulièrement au moment de faire les courses. Fairtrade et bio ne désignent pas la même chose.

Un produit Fairtrade n’est donc pas automatiquement biologique. Le système prévoit néanmoins certaines exigences environnementales, notamment une liste rouge de pesticides interdits, une liste orange de produits chimiques dont l’usage doit être fortement réduit ainsi que des règles concernant la gestion des sols.

Le bio répond à un autre cadre réglementaire. Les produits concernés doivent notamment respecter les exigences de l’agriculture biologique concernant les ingrédients et les produits chimiques de synthèse ainsi que les organismes génétiquement modifiés.

Pour Fabian Waldmeier, le plus important reste finalement de prendre quelques secondes pour réfléchir à ses achats. Pas question, selon lui, de transformer chaque passage au supermarché en enquête interminable sur l’origine de chaque produit. Mais davantage de vigilance peut déjà permettre, à son échelle, de faire évoluer les habitudes de consommation.

Laisser un commentaire

Share to...