Le Valais reste le territoire suisse où l’imposition forfaitaire séduit le plus de contribuables étrangers fortunés. Chaque année, des centaines de résidents paient leurs impôts selon leurs dépenses plutôt que sur leurs revenus réels.
Si leur nombre a fortement diminué en une décennie, les recettes générées par ce régime n’ont jamais été aussi élevées. Un paradoxe qui relance le débat autour de ces contribuables très particuliers.
Le Valais concentre le plus grand nombre de contribuables au forfait
Le Valais reste le canton qui accueille le plus de personnes bénéficiant de l’imposition forfaitaire en Suisse.
Au total, 841 ressortissants étrangers y sont imposés selon leurs dépenses plutôt que sur la base de leurs revenus ou de leur fortune réels. Le canton devance ainsi Vaud, qui compte encore 706 contribuables soumis à ce régime fiscal particulier, note le Walliser Bote.
Le principe est simple, les étrangers qui résident en Suisse sans y exercer d’activité lucrative peuvent, sous certaines conditions, être imposés selon leur train de vie.
En 2023, les contribuables au forfait ont versé 122,5 millions de francs d’impôts au total au canton, aux communes et à la Confédération. Cela représente en moyenne environ 150 000 francs par personne.
Moins de bénéficiaires mais des recettes en hausse
Le succès financier de ce régime peut sembler paradoxal. Depuis plusieurs années, le nombre de contribuables concernés diminue. En 2012, le Valais comptait encore environ 1400 personnes imposées au forfait, soit près du double d’aujourd’hui.
Pourtant, les recettes fiscales n’ont cessé d’augmenter. Elles sont passées d’environ 84 millions de francs en 2012 à plus de 122 millions en 2023.
Cette évolution s’expliquerait notamment par une hausse des montants minimaux imposés et par l’arrivée de contribuables disposant de fortunes plus importantes.
Les autorités ne peuvent toutefois pas donner davantage de détails en raison du secret fiscal.
Des grandes fortunes attirées par les stations valaisannes
Les contribuables concernés viennent principalement de pays européens comme la France, la Grande-Bretagne, la Belgique, les Pays-Bas ou encore l’Italie.
Ils privilégient souvent des régions connues pour leur cadre de vie et leur immobilier haut de gamme, notamment Zermatt, Verbier, Crans-Montana ou la vallée de Conches.
Pour les autorités valaisannes, leur contribution ne se limite pas aux impôts. Ces résidents fortunés participent également à l’économie locale à travers leurs dépenses dans l’immobilier, les rénovations, l’hôtellerie, la restauration, les services ou encore les loisirs.
Selon les estimations du canton relayées par 20Minutes, leur présence soutiendrait environ 4000 emplois directs et indirects.
Un régime toujours contesté
Malgré son poids économique, l’imposition forfaitaire reste un sujet de débat en Suisse.
Ses opposants dénoncent un système considéré comme un avantage réservé aux grandes fortunes étrangères. Certains craignent également que l’arrivée de résidents très aisés contribue à faire grimper les prix de l’immobilier dans certaines stations touristiques.
Les défenseurs du régime estiment au contraire que ces contribuables apportent des ressources importantes sans prendre d’emplois aux habitants et qu’ils participent activement à l’économie régionale.
Plusieurs cantons suisses ont déjà supprimé ce dispositif. Mais en Valais, une disparition du forfait fiscal semble aujourd’hui peu probable. Les recettes qu’il génère restent trop importantes pour les finances publiques.
Le canton continue donc de miser sur ce modèle, malgré les critiques, en considérant ces contribuables comme un atout économique majeur.








