La facture surprise du G7 tombe et Genève doit sortir le portefeuille seule, sans Paris

La facture du sommet du G7 continue de faire débat en Suisse. Genève devra finalement supporter une grande partie des coûts de sécurité après l’échec des discussions avec la France.

Publié le
Lecture : 3 min
geneve
La facture surprise du G7 tombe et Genève doit sortir le portefeuille seule, sans Paris : Crédit : Keystone | Econostrum.info - Suisse

Le sommet du G7 organisé à Evian en juin laisse une addition particulièrement salée côté suisse. À Genève, le dispositif de sécurité mis en place autour des manifestations représente une facture de 31,6 millions de francs. 

Les autorités espéraient un soutien financier de Paris, mais aucun accord n’a finalement été trouvé. La Confédération et le canton devront donc assumer l’essentiel de ces dépenses. 

Plus de 31 millions de francs pour sécuriser le sommet

L’organisation du sommet du G7 en France a entraîné d’importantes mesures de sécurité en Suisse voisine.

En marge de la rencontre internationale organisée à Evian (France) en juin, les autorités genevoises avaient dû déployer un vaste dispositif pour encadrer notamment la manifestation anti-G7 et prévenir d’éventuels débordements.

La conseillère d’État genevoise Carole-Anne Kast avait évalué en juillet le coût total de ces opérations à 31,6 millions de francs. Sur cette somme, environ 20 millions de francs devraient rester à la charge du canton de Genève, tandis que le reste sera pris en charge par la Confédération.

Le Conseil fédéral a confirmé mercredi qu’environ 12 millions de francs seraient assumés par la Confédération. Cette participation correspond à la décision prise en avril de couvrir 80 % des coûts des mesures de sécurité relevant des cantons de Genève, Vaud et du Valais.

La France refuse finalement de participer aux frais

Au cœur du débat se trouvait la question du financement par la France, pays organisateur du sommet.

Depuis le début des discussions à l’été 2025, la Suisse demandait à Paris de participer aux coûts liés aux mesures de sécurité, estimant que l’événement relevait de la responsabilité du pays hôte.

Mais après plusieurs mois de négociations diplomatiques et politiques, aucun accord n’a été trouvé. « Force est de constater qu’aucun accord sur un partage des coûts de sécurité n’a pu être trouvé après des mois de négociations », a indiqué le Conseil fédéral, comme le relate Blick.

La situation contraste avec le précédent sommet du G8 organisé à Evian en 2003. À l’époque, la France avait pris en charge une partie importante des coûts après les importants dispositifs de sécurité déployés, alors que des manifestations avaient également provoqué des tensions et des dégâts à Genève.

Une coopération maintenue malgré le désaccord

Malgré l’absence d’accord financier, la coopération entre les deux pays n’a pas été interrompue.

Des forces françaises ont notamment apporté leur soutien aux autorités genevoises lors des événements liés à la manifestation anti-G7, sans toutefois participer directement aux opérations de maintien de l’ordre.

Le Conseil fédéral rappelle également que la collaboration entre les deux pays repose depuis 2008 sur un cadre juridique spécifique.

Selon le gouvernement suisse, les prestations fournies par un pays pour permettre l’organisation d’un événement international doivent normalement être rémunérées. Toutefois, chaque situation doit être évaluée en fonction du contexte, des obligations internationales et des intérêts de sécurité et de politique étrangère.

Genève et Paris veulent tirer les leçons du sommet

Malgré ce désaccord sur la facture, les deux pays souhaitent poursuivre leur coopération.

La Suisse et la France ont indiqué vouloir rester en contact afin de tirer les enseignements du sommet du G7 et d’aborder les questions liées à l’organisation de futurs événements internationaux.

Parmi les sujets évoqués figurent notamment la répartition des charges financières et les modalités de soutien mutuel entre les deux pays.

Le président français Emmanuel Macron avait d’ailleurs remercié la Suisse pour son soutien dans les dernières secondes de son discours lors de la conférence de presse finale du sommet.

Mais derrière les déclarations diplomatiques, la question financière reste entière : pour Genève, la sécurité d’un événement international organisé de l’autre côté de la frontière représente une facture de plusieurs dizaines de millions de francs dont l’essentiel restera finalement à sa charge.

Laisser un commentaire

Share to...