Les droits de douane américains pourraient survivre à Donald Trump. Selon Helene Budliger Artieda, directrice du Secrétariat d’État à l’économie, la politique tarifaire des États-Unis répond désormais à une logique plus profonde que les seuls choix d’un président.
Pour la Suisse, cela signifie que les obstacles commerciaux risquent de rester bien présents. Un signal de prudence pour les entreprises helvétiques, confrontées à un commerce mondial de plus en plus imprévisible.
Une politique qui dépasse Donald Trump
La Suisse ne doit pas miser sur un retour rapide à l’ancien monde commercial. Dans un entretien accordé à la Schweiz am Wochenende et relayée par Blick, Helene Budliger Artieda estime que les droits de douane américains ne disparaîtront pas automatiquement après le départ de Donald Trump.
Selon la cheffe du SECO, la réindustrialisation des États-Unis est devenue un objectif partagé au-delà des clivages politiques. Même l’arrivée d’un président démocrate à la Maison-Blanche ne garantirait donc pas la suppression des taxes douanières.
Le ton pourrait changer, reconnaît-elle. Mais si les droits de douane restent situés entre 10% et 20%, un futur président aurait du mal à les supprimer purement et simplement. Ces recettes pèsent désormais dans les finances publiques américaines et participent à l’équilibre budgétaire recherché par Washington.
Cette analyse invite les entreprises suisses à la prudence. Les droits de douane ne seraient plus seulement un outil de pression politique temporaire, mais un instrument durable de la stratégie économique américaine.
La Suisse doit miser sur son agilité
Pour Helene Budliger Artieda, la Suisse ne doit pas répondre à cette nouvelle donne par des expériences de politique industrielle. La meilleure stratégie reste, selon elle, de préserver de bonnes conditions cadres pour les entreprises.
C’est précisément ce qui fait l’attractivité du site suisse : stabilité, prévisibilité, qualité des infrastructures, formation et cadre économique favorable. Les entreprises apprécient cet environnement, même lorsque le commerce mondial devient plus complexe.
La directrice du SECO ne voit pas de menace immédiate sur les exportations suisses. Mais elle reconnaît que la situation internationale est devenue moins simple qu’autrefois. Les obstacles commerciaux se multiplient, et pas uniquement dans les relations avec les États-Unis.
Pour la Suisse, le défi sera donc de rester rapide, flexible et capable de s’adapter. Helene Budliger Artieda résume cette nécessité par une image parlante. Le pays devra devenir plus agile, comme un coureur de haies capable de franchir les obstacles les uns après les autres.








