Dimanche, le peuple suisse a validé à une large majorité le contre-projet du gouvernement concernant l’argent liquide. Avec un soutien de 73,4%, les Suisses ont confirmé l’importance de la monnaie physique, en écartant toutefois l’initiative populaire qui proposait de garantir le franc suisse dans la Constitution.
Ce vote revêt un intérêt particulier, car il pourrait influencer l’évolution du paysage économique du pays, en particulier dans un monde de plus en plus numérique. Si cette décision préserve l’argent liquide, elle soulève également des questions sur la fracture numérique et son impact sur les citoyens.
Un consensus populaire en faveur du contre-projet
Le contre-projet du gouvernement, qui vise à inscrire l’argent liquide dans la Constitution, a été largement soutenu par les électeurs suisses. Avec 73,4% des voix, le texte a obtenu un large succès, surpassant ainsi l’initiative populaire qui prônait une approche similaire mais plus radicale. Les résultats des votations ont montré une fracture géographique, avec la Suisse latine soutenant massivement l’initiative et les cantons alémaniques rejetant l’initiative populaire. Le Valais, pourtant un bastion du centre, est le seul canton romand à avoir rejeté cette mesure.
Cependant, l’approbation du contre-projet ne marque pas un bouleversement immédiat pour les citoyens suisses. La ministre des Finances, Karin Keller-Sutter, a assuré que l’application du contre-projet ne générerait aucun coût supplémentaire. Cette mesure vise avant tout à donner une base juridique solide à l’utilisation de l’argent liquide, mais elle ne changera pas fondamentalement la vie des Suisses au quotidien. Le conseiller national Beat Flach (PVL/AG) estime d’ailleurs que le contre-projet n’aura pas de conséquences majeures sur la vie des citoyens, car il reprend des principes déjà en place.
Une mesure symbolique et une fracture numérique en perspective
Bien que le contre-projet vise à garantir la disponibilité de l’argent liquide, il n’oblige pas les commerçants à l’accepter. Ce détail a été souligné par la sénatrice Isabelle Chassot (FR/Centre), qui a ajouté que ce vote soulève également une question sur le rythme de la numérisation dans d’autres secteurs, comme l’indique Blick. En effet, la fracture numérique ne concerne plus seulement les personnes âgées, mais touche une large part de la population suisse. Le conseiller national Cyril Aellen (PLR/GE) a mis en garde contre les dangers d’une numérisation trop rapide, rappelant que l’isolement social peut découler d’un manque d’inclusion numérique.
L’argent liquide, bien qu’en baisse dans les transactions modernes, reste crucial pour certaines catégories de la population, comme les retraités, notamment ceux de condition modeste. Anne-Catherine Lyon, co-présidente de l’Association de défense des retraités (AVIVO), voit dans ce vote une victoire pour les personnes âgées et souligne que l’argent liquide est aussi vital pour soutenir les petits commerces et les artisans. Pour elle, une société entièrement dématérialisée présente des risques d’exclusion, notamment pour ceux qui ne sont pas à l’aise avec les technologies numériques.
Le contre-projet, tout en répondant à un besoin symbolique de préserver l’argent liquide, souligne une fracture numérique qui se creuse au sein de la population. En effet, même si l’argent liquide est toujours accepté, l’essor du paiement sans contact et des solutions numériques fait naître des tensions. Les préoccupations liées à l’inclusion numérique se retrouvent au cœur des débats politiques et sociaux en Suisse, notamment avec le vieillissement de la population et la dépendance accrue à la technologie.








