Depuis plusieurs années, le coût élevé de l’assurance maladie est une préoccupation majeure pour les Suisses. Les primes continuent d’augmenter, et cette année, les assurés devront débourser en moyenne 4,4 % de plus qu’en 2025 pour leur couverture de base.
Malgré ces hausses, le taux de changement de caisse reste étonnamment faible, avec seulement 8 à 10 % des assurés ayant opté pour un nouvel assureur entre 2023 et 2025. Alors que les experts s’attendent régulièrement à une forte augmentation du taux de résiliation, la réalité montre que de nombreux Suisses choisissent de rester fidèles à leur assureur actuel.
Des écarts de prix réduits : une faible incitation au changement
Une des raisons principales de la faible mobilité des assurés réside dans la réduction des écarts de primes entre les différents assureurs. Bien que les primes continuent d’augmenter chaque année, les différences entre les grandes caisses, telles que CSS et Helsana, se sont réduites. Selon Felix Schneuwly, expert en santé chez Comparis, les écarts de prix ne justifient plus un changement de caisse pour la majorité des assurés, indique Blick. Les primes proposées par les assureurs leaders restent compétitives, quel que soit le canton, ce qui diminue considérablement l’incitation à passer à un autre prestataire.
Le taux de changement de caisse reste dans une fourchette stable de 8 à 10 %, malgré des augmentations de primes oscillant entre 4 et 9 % sur la période de 2023 à 2025. Même lorsque les augmentations sont particulièrement marquées, comme en 2025, la majorité des assurés préfère rester dans leur caisse actuelle. Le faible écart entre les différentes offres fait que les assurés estiment que le bénéfice d’un changement est minime, notamment face à la complexité administrative et à la nécessité de s’adapter à un nouveau prestataire.
Les différences cantonales : un facteur clé dans la décision
Les différences de primes entre les cantons jouent un rôle déterminant dans la décision de changer de caisse. Par exemple, les primes d’assurance maladie dans des cantons comme Zoug sont parmi les plus basses du pays, avec une prime mensuelle moyenne de 260 francs, tandis que dans des régions comme le Tessin, la moyenne dépasse les 500 francs. Cette variabilité, due en partie aux politiques cantonales, influence directement le choix des assurés.
Dans des régions où les primes sont élevées, comme le Tessin, les assurés sont plus enclins à changer d’assureur lorsqu’ils constatent une hausse, notamment si cela fait plusieurs années qu’ils n’ont pas modifié leur contrat. Cependant, même dans ces cantons à fortes primes, le taux de changement reste limité, en raison de la faible différence de coût et du désir de simplification administrative.
Un facteur supplémentaire qui joue un rôle important est la politique des subventions cantonales. À Zoug, par exemple, les primes d’assurance maladie vont diminuer de 15 % en 2026, grâce à une mesure de soutien de 220 millions de francs pour alléger les frais des assurés. Cette initiative pourrait rendre les assurés plus enclins à rester dans leur caisse actuelle, sachant que la situation financière pourrait s’améliorer grâce aux mesures locales.
La volonté de regrouper les assurances : une barrière à la mobilité
Un autre facteur influençant la faible mobilité des assurés est la volonté de regrouper les assurances. Beaucoup d’assurés préfèrent souscrire leurs assurances de base et complémentaires auprès du même prestataire pour simplifier leur gestion administrative. Selon Felix Schneuwly, cette volonté de regroupement des assurances incite les assurés à rester fidèles à leur assureur, même si une caisse concurrente pourrait proposer des primes plus basses. La perspective de devoir séparer les assurances de base et complémentaires pour changer de caisse maladie dissuade une grande partie des assurés, malgré les hausses de primes.
Les tranches d’âge jouent également un rôle important. Les jeunes assurés ou ceux sans enfants sont souvent plus enclins à changer de caisse si les primes deviennent trop élevées. En revanche, les familles nombreuses ou les personnes plus âgées, qui ont des assurances complémentaires spécifiques, préfèrent généralement rester avec un prestataire qu’elles connaissent bien. Le regroupement devient donc un facteur déterminant dans la stabilité des choix des assurés.








