Depuis quelques années, les moyens de paiement ont évolué, et avec eux, les pratiques en matière de pourboire. L’essor des paiements électroniques, via des cartes de crédit ou des applications comme Twint, a introduit un changement significatif dans la manière dont les Suisses donnent des pourboires.
Selon l’étude menée par l’Ecole de gestion et de droit de Winterthour (ZHAW), une majorité des Suisses qui payent numériquement choisissent néanmoins de laisser un pourboire en espèces. Ce comportement est motivé par une crainte de ne pas s’assurer que l’argent parvienne directement à la personne qui a assuré le service.
En effet, 27 % des sondés jugent important que le pourboire aille directement au serveur plutôt qu’à l’établissement. Un phénomène qui semble lié à une demande accrue de transparence et de contrôle sur la répartition des pourboires.
Une différence marquée entre les générations
L’étude souligne également un écart de comportements important selon les tranches d’âge. Si les plus de 50 ans sont les plus enclins à laisser un pourboire, 72 % d’entre eux indiquant le faire toujours ou presque toujours, la situation est bien différente pour les jeunes adultes de 18 à 29 ans.
Seuls 43 % des jeunes de cette tranche d’âge laissent systématiquement un pourboire, et 26 % affirment ne jamais ou rarement en donner. Cette différence n’est cependant pas liée à une évolution des mentalités, mais plutôt à des facteurs financiers, les jeunes étant plus souvent confrontés à des situations économiques moins favorables.
Néanmoins, 30 % des jeunes de 18 à 29 ans ont déclaré augmenter leurs pourboires par rapport aux années précédentes, soulignant un changement lié à une meilleure situation financière ou à un plus grand respect pour le service reçu.
La répartition des pourboires : une question de montants
En ce qui concerne les montants laissés en pourboire, l’étude de la ZHAW révèle que la majorité des Suisses choisit de laisser environ 5 % ou 10 % de la note. Cette pratique semble être plus marquée chez les Romands de plus de 50 ans, qui donnent des pourboires plus généreux que leurs homologues alémaniques jeunes.
L’étude rappelle également qu’en Suisse, contrairement à d’autres pays, le service est inclus dans le prix depuis 1974, ce qui pourrait influencer les habitudes des consommateurs.








