La consommation de produits de luxe en Suisse connaît un recul marqué. Les plus fortunés, habituellement moteurs du marché, adoptent une attitude prudente, affectant plusieurs secteurs emblématiques comme l’art, les montres et les vins prestigieux.
Le ralentissement des dépenses de la classe aisée ne se limite pas à la classe moyenne. Selon Blick, la prudence gagne toutes les couches sociales et touche particulièrement les produits haut de gamme.
Un marché de l’art sous pression
Le marché de l’art suisse connaît une période difficile. Les prix des œuvres ont chuté de manière spectaculaire, parfois jusqu’à moitié, avec un nombre important de pièces ne trouvant pas preneur.
Cette évolution est en partie liée à la prudence accrue des collectionneurs, surtout dans le segment haut de gamme, où les transactions pour des œuvres dépassant les 10 millions de dollars se font plus rares.
Art Basel souligne que les acheteurs deviennent plus sélectifs et réfléchissent davantage à leurs investissements. À l’échelle mondiale, le chiffre d’affaires du marché de l’art a reculé de 12 % en 2024 par rapport à l’année précédente, tandis que les ventes aux enchères publiques ont diminué de 25 %. Les galeries et les marchands d’art résistent mieux, avec un recul plus modéré de 6 %.
L’horlogerie suisse et les accessoires de luxe touchés par la prudence
L’industrie horlogère suisse est particulièrement impactée, notamment sur des marchés clés comme les États-Unis, où les droits de douane et l’incertitude économique pèsent sur la demande.
Karine Szegedi, spécialiste du secteur, explique que les consommateurs de produits de luxe sont désormais plus réticents à dépenser. Même la clientèle américaine fortunée modère ses achats en raison des turbulences boursières.
Du côté des accessoires, les sacs à main haut de gamme sont remis en question, notamment en raison de la hausse des prix et des critiques sur la qualité de production.
Manuel Lang, analyste chez Vontobel, souligne que ce sont surtout les acheteurs occasionnels du luxe qui freinent leurs dépenses et se tournent vers des segments premium moins coûteux. En revanche, les ventes de bijoux de marque connaissent une hausse, le secteur étant réputé pour sa stabilité en période d’incertitude.
Le vin de prestige subit également le recul des ventes
Le marché du vin de prestige en Suisse ne fait pas exception à cette tendance baissière. Les grands crus français se vendent à des prix historiquement bas, avec des exemples frappants comme le Château Cheval Blanc, dont le prix a chuté d’environ un tiers en un an.
Le secteur des cognacs et des champagnes enregistre aussi un recul des ventes. Cette situation traduit une demande plus faible des consommateurs, en ligne avec la retenue observée dans d’autres segments du luxe.








