Abonnement trop cher et internet trop lent : vous êtes probablement victime d’une arnaque de la part des fournisseurs

Les publicités des fournisseurs d’internet en Suisse annoncent des vitesses élevées, mais selon K-Tipp, de nombreux clients reçoivent des débits jusqu’à 93 % inférieurs.

Publié le
Lecture : 2 min
Groupe de jeunes adolescents utilisant des téléphones portables.
Abonnement trop cher et internet trop lent : vous êtes probablement victime d'une arnaque de la part des fournisseurs - © Canva

Les opérateurs suisses, notamment Swisscom, vantent des offres de connexion internet pouvant atteindre 10 gigabits par seconde, une vitesse impressionnante. Cependant, une étude récente menée par K-Tipp montre que la majorité des utilisateurs ne bénéficient que d’une fraction de la vitesse promise, rapporte Blick.

L’enquête met en lumière une pratique largement répandue parmi les fournisseurs d’accès : afficher des vitesses maximales qui ne correspondent pas à la réalité de la connexion que les utilisateurs obtiennent chez eux. Cela soulève des questions sur la transparence des offres et la protection des consommateurs.

Les chiffres gonflés des vitesses de connexion

Le terme « jusqu’à » est couramment utilisé par les fournisseurs pour indiquer des vitesses qui ne sont en réalité qu’un maximum théorique. K-Tipp rapporte qu’après avoir effectué environ 6300 mesures de clients, il est apparu que même lorsque des vitesses de 10 Gbit/s étaient techniquement possibles, la vitesse réelle ne dépassait que 7,2 % de cette valeur.

Par exemple, pour un abonnement annoncé à 1 Gbit/s, la vitesse moyenne obtenue était de 360 Mbit/s, soit une performance bien inférieure à celle que les utilisateurs sont en droit d’attendre. De telles disparités sont révélatrices d’un écart important entre les attentes des consommateurs et la qualité réelle du service offert.

Cette situation s’explique en partie par l’absence de réglementation stricte en Suisse. Alors que certains pays européens imposent aux fournisseurs de communiquer des statistiques sur les vitesses moyennes, les opérateurs suisses ne sont pas contraints de fournir des informations sur les débits réels. Cela laisse les consommateurs dans l’incertitude, ne pouvant se fier qu’à des promesses souvent irréalistes.

L’absence de garantie sur les vitesses annoncées

Les publicités des fournisseurs suisses font souvent état de débits vertigineux, mais dans les faits, ces vitesses ne sont ni garanties, ni accessibles à tous les abonnés. La législation en Suisse ne contraint pas les opérateurs à respecter les chiffres qu’ils annoncent.

C’est ce qu’a révélé l’enquête de K-Tipp, qui souligne que les clients ne disposent d’aucune garantie légale concernant les vitesses de connexion. Les opérateurs ne sont tenus que de mentionner les vitesses maximales possibles, mais rien n’oblige à fournir une performance minimum, laissant ainsi une marge d’incertitude pour les utilisateurs.

Un exemple frappant est celui d’un Zurichois, qui a découvert qu’il payait 15 francs de trop par mois pendant quatre ans pour un abonnement à 1 Gbit/s, alors qu’il n’obtenait qu’une vitesse de 110 Mbit/s. Bien que Swisscom mette en avant que les vitesses possibles sont toujours précisées en ligne, l’expérience de ce consommateur illustre l’énorme écart entre les attentes et la réalité des services proposés.

Les recours des consommateurs face à cette situation

Face à ce constat, les consommateurs peuvent se tourner vers des outils de test de vitesse comme Networktest.ch pour vérifier les performances réelles de leur connexion. Cependant, ces tests ne changent rien aux déséquilibres structurels existants dans le secteur. Il est difficile pour les clients de savoir à l’avance si le service qu’ils achètent correspond à leurs besoins et aux promesses des fournisseurs.

Les autorités suisses, bien que conscientes du problème, ne semblent pas prêtes à imposer des régulations plus strictes. Le Bureau fédéral de la communication (OFCOM) reconnaît la réalité des différences entre les vitesses annoncées et celles effectivement constatées, mais laisse pour l’instant aux opérateurs la liberté d’informer les clients comme ils l’entendent. Cette absence de cadre légal clair permet à certains fournisseurs de multiplier les offres alléchantes sans réelle conséquence en cas de défaillance du service.

Laisser un commentaire

Share to...