La Cour des comptes a révélé qu’en 2024, une pension de retraite sur dix était mal calculée, ce qui fait que beaucoup de nouveaux retraités ne reçoivent pas le bon montant. Une situation préoccupante qui soulève de nombreuses interrogations sur le système actuel des retraites.
Selon le rapport publié par la Cour des comptes le 16 mai dernier, la plupart des erreurs pénalisent directement les retraités. Elles concernent généralement des périodes de carrière oubliées, des majorations pour enfants non comptabilisées ou des carrières longues insuffisamment prises en compte. Ces oublis, souvent involontaires, conduisent à des pensions sous-évaluées.
L’impact financier global de ces erreurs s’élève à environ 900 millions d’euros sur la durée de vie des retraités concernés. Pour un retraité, une pension minorée de seulement 20 euros par mois se traduit par une perte de près de 6 000 euros sur 25 ans, ce qui peut peser lourdement sur leur budget.
La liquidation provisoire : un système à double tranchant
Le rapport met en lumière le rôle problématique de la liquidation provisoire. Ce mécanisme, introduit pour accélérer le versement des pensions avant la réception complète des justificatifs, présente un risque accru d’erreurs de calcul. Ces erreurs provisoires, si elles ne sont pas rectifiées à temps, deviennent définitives.
En 2024, le taux d’erreurs liées à ce dispositif s’est légèrement amélioré, passant de 12,4 % à 10,5 %. Néanmoins, la Cour des comptes estime que ce progrès reste insuffisant et appelle à renforcer la supervision. Un autre point souligné est l’absence de coordination efficace entre les différentes Caisses d’assurance retraite et de la santé au travail (Carsat).
En effet, chaque caisse régionale applique des procédures de contrôle indépendantes, sans directive centralisée, ce qui complique la détection et la correction des erreurs. Cette fragmentation nuit à la fiabilité globale du calcul des pensions et freine les efforts pour réduire les dysfonctionnements.
Des conséquences lourdes pour les retraités
Pour les pensionnés, ces erreurs signifient souvent un manque à gagner important, compromettant leur pouvoir d’achat et leur qualité de vie. À l’heure où la retraite est une étape cruciale, garantir une juste rémunération est essentiel pour assurer la sécurité financière des retraités.
La Cour des comptes appelle à un meilleur pilotage national et à une harmonisation des contrôles afin de réduire ces erreurs financières. Améliorer la fiabilité des calculs des pensions est un enjeu majeur pour la Sécurité sociale, qui doit répondre aux attentes des assurés tout en maîtrisant ses dépenses.
Le rapport de la Cour des comptes met ainsi en lumière une faiblesse structurelle dans la gestion des retraites françaises. La correction de ces erreurs est indispensable pour préserver la confiance des retraités dans le système et garantir leur stabilité financière.








