Retraites : Le rapport du COR modifié après une pression intense des syndicats

Sous pression des syndicats, le président du COR a révisé son rapport sur les retraites, suscitant des débats intenses sur l’avenir du système.

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Retraites : Le rapport du COR modifié après une pression intense des syndicats. Crédit : AFP | Econostrum.info

Le 12 juin 2025, face aux critiques des syndicats, Gilbert Cette, président du Conseil d’orientation des retraites (COR), a révisé son rapport sur les retraites. Ce texte, perçu comme un soutien implicite au report de l’âge de départ, a été largement modifié après des discussions intenses. Bien que des ajustements aient été faits, les tensions restent palpables parmi les partenaires sociaux.

Le rapport 2025 du COR a été transmis le 6 juin aux membres de l’instance, incluant des représentants syndicaux, des employeurs, des parlementaires, ainsi que des experts. Ce document visait à proposer des solutions pour assurer l’équilibre financier du système de retraite d’ici 2070. Parmi les propositions analysées, le report de l’âge de départ à la retraite figurait en bonne place. Le texte suggérait des ajustements progressifs, avec un âge de départ à la retraite porté à 64,3 ans dès 2030, à 65,9 ans en 2045 et à 66,5 ans en 2070.

Ces propositions ont rapidement été critiquées par les syndicats, qui les ont jugées favorables à une réforme du système, dans un contexte déjà marqué par la réforme des retraites de 2023.

Les termes polémiques du rapport du Conseil d’orientation des retraites

L’une des sources de controverse majeure provenait de la formulation employée dans le rapport. Le prérapport 2025 qualifiait la proposition de report de l’âge de départ de « voie d’enrichissement du pays », une expression qui n’apparaissait pas dans le rapport 2024. Selon ce raisonnement, un allongement de la durée de travail augmenterait le nombre de personnes disponibles pour travailler, stimulerait l’emploi et, par conséquent, renforcerait la croissance économique.

À l’inverse, d’autres mesures comme la hausse des cotisations vieillesse ou la sous-indexation des pensions étaient qualifiées d’« appauvrissement » de la France, en raison de leur impact potentiel sur la consommation et l’emploi. Ces termes ont été perçus par les syndicats comme des biais idéologiques qui favoriseraient la réforme du système de retraite par l’allongement de l’âge de départ. Selon eux, ce langage semblait orienter le débat vers une solution déjà considérée comme injuste et socialement inacceptable par une partie de la population.

Les concessions de Gilbert Cette

Face à la contestation, Gilbert Cette a décidé de faire des concessions. Lors de la réunion du 12 juin, il a accepté de retirer le tableau comparatif des différentes options de réforme, un tableau qui attribuait systématiquement des effets positifs à l’allongement de l’âge de départ et des effets négatifs aux autres solutions. Ce tableau, jugé non pertinent et non argumenté par certains membres du COR, a été supprimé. De même, plusieurs phrases jugées trop orientées, notamment celles évoquant « l’enrichissement » et « l’appauvrissement », ont été modifiées. Le président du COR a promis que ce tableau serait réintégré dans le rapport 2026, mais après une révision approfondie et un large consensus.

Bien que le retrait de ces éléments ait apaisé une partie des tensions, les syndicats restent préoccupés. Pierre-Yves Chanu, représentant de la CGT, a exprimé son inquiétude concernant la perte de la culture du consensus au sein du COR. D’autres responsables syndicaux, comme Cyril Chabanier de la CFTC, ont regretté le manque de neutralité du président du COR, estimant que le rapport favorisait une seule solution – le report de l’âge de départ. Pour certains, ce rapport s’éloigne trop de la démarche consensuelle qui caractérisait le COR sous la présidence de Pierre-Louis Bras, son prédécesseur.

L’UNSA, quant à elle, a salué les modifications apportées par Gilbert Cette, soulignant qu’elles montraient la nécessité de maintenir un dialogue social de qualité. Le compromis atteint a ainsi permis de dissiper une partie des tensions, mais les syndicats insistent sur l’importance d’une véritable concertation pour la réforme des retraites.

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