En France, les pensions de retraite varient énormément d’une personne à l’autre. Selon le parcours professionnel, le métier ou encore le genre, les écarts restent très marqués : certains retraités touchent moins de 800 euros par mois, tandis que d’autres perçoivent plus de 4 000 euros.
Selon les données de la DREES, la pension moyenne de droit direct brut atteint aujourd’hui 1 666 euros par mois pour les retraités résidant en France, soit environ 1 541 euros net. Cette moyenne, en apparence stable, masque de profondes inégalités héritées du monde du travail : les écarts de salaires, de carrières et de durées de cotisation continuent d’influencer fortement le niveau des retraites.
Des écarts considérables entre les pensions modestes et les plus élevées
Le principe du système français repose sur la contributivité : chacun cotise selon ses revenus et reçoit en proportion à la retraite. Mais dans les faits, cette mécanique ne corrige que partiellement les différences accumulées pendant la vie active. D’après l’Observatoire des inégalités, les 10 % des retraités les plus modestes perçoivent environ 790 euros par mois, tandis que les 10 % les mieux lotis dépassent les 4 000 euros mensuels.
La répartition des montants versés en dit long : les pensions les plus élevées concentrent à elles seules 17 % de la masse totale, soit près de 59 milliards d’euros, contre seulement 3 % pour les retraites les plus faibles. En d’autres termes, les écarts de niveau de vie persistent largement au moment de la cessation d’activité.
Les cadres supérieurs, par exemple, cumulent en moyenne plus de 930 000 euros de pension sur l’ensemble de leur retraite, contre à peine 300 000 euros pour un ouvrier. Ces écarts s’expliquent non seulement par les niveaux de salaire, mais aussi par la durée des études, les carrières plus linéaires et la capacité d’épargne complémentaire.
Genre, statut et parcours : des facteurs toujours déterminants
Les inégalités entre hommes et femmes demeurent également significatives. Les femmes perçoivent en moyenne une pension inférieure d’environ 40 % à celle des hommes, une différence qui s’atténue légèrement grâce aux majorations pour enfants, mais reste structurelle. Moins bien rémunérées, plus souvent à temps partiel et confrontées à des interruptions de carrière, elles voient leur pension amputée d’autant.
Pour beaucoup de retraités, la pension moyenne ne suffit pas toujours à garantir un niveau de vie confortable. Selon plusieurs études, une « retraite décente » se situerait autour de 2 000 euros nets par mois pour une personne seule, soit bien au-delà de la moyenne nationale.
Face à ces écarts, les pouvoirs publics encouragent le développement de l’épargne retraite, notamment via le plan épargne retraite (PER), et incitent à prolonger la durée de cotisation pour améliorer le montant final. Des leviers individuels, certes, mais qui ne suffisent pas à gommer les disparités structurelles entre les catégories sociales. Ainsi, derrière la moyenne de 1 666 euros, se dessine un paysage contrasté : celui d’un système qui reste protecteur, mais où la justice sociale demeure inachevée.








