Retraites : la piste d’un départ à 66,5 ans déclenche la colère des syndicats

L’idée d’un départ à la retraite à 66,5 ans relance la tension entre syndicats et exécutif.

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Retraités
Retraités français au Portugal : désillusion après la hausse de leur imposition - Crédit : Canva | Econostrum.info

Alors que le Conseil d’orientation des retraites (COR) explore de nouveaux scénarios pour assurer l’équilibre du système d’ici 2070, les syndicats dénoncent une manœuvre politique et un passage en force.

Le rapport annuel du Conseil d’orientation des retraites (COR), qui doit être officiellement adopté le 13 juin, alimente déjà une vive polémique. Le document, rattaché à Matignon et présidé par l’économiste Gilbert Cette, envisage plusieurs pistes pour contenir les déficits attendus à moyen et long terme. Parmi elles, celle de reculer l’âge légal de départ à la retraite à 66,5 ans d’ici 2070 est mise en avant.

Le COR juge cette option plus efficace que d’autres alternatives considérées comme « récessives », telles qu’une hausse des cotisations pour les employeurs ou les salariés, ou encore une modération de l’augmentation des pensions. Selon le rapport, ce seul levier permettrait un redressement structurel du système à long terme.

Une orientation contestée par les syndicats

Les organisations syndicales n’ont pas tardé à réagir. La CGT accuse Gilbert Cette de « sortir de son rôle » en ne mettant en avant qu’une seule option. « Jusqu’à présent, le COR émettait des hypothèses et aux politiques de trancher. Là, c’est totalement orienté », dénonce Denis Gravouil, en charge des retraites au sein du syndicat, qui soupçonne une volonté de préparer une nouvelle réforme sous impulsion présidentielle.

Du côté de la CFDT, Yvan Ricordeau déplore une tentative de « biaiser les travaux du conclave » sur les retraites, en cours jusqu’au 17 juin. Les syndicats reprochent au COR de préempter le débat, alors même que ses conclusions ne sont pas encore officiellement validées.

Une divergence avec la Cour des comptes

La Cour des comptes, dans un récent rapport, adopte un regard plus nuancé. Elle reconnaît que reculer l’âge légal produit un gain financier à court terme, mais que l’effet s’estompe à moyen et long terme. Une analyse qui contredit la focalisation exclusive sur l’âge de départ à la retraite, renforçant les critiques contre le positionnement du COR.

La publication anticipée de ces orientations intervient dans un contexte inflammable, où les partenaires sociaux restent marqués par le traumatisme de la réforme de 2023, qui a repoussé l’âge légal à 64 ans. Une nouvelle hausse pourrait raviver les tensions sociales et rouvrir un front que le gouvernement espérait refermer.

À quelques jours de la clôture du conclave, le rapport du COR devient un enjeu politique, autant qu’un dossier technique. Pour les syndicats, le message est clair : pas question de reculer encore l’âge de départ, au risque de fracturer à nouveau le pays.

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