Retraite : vers le report de l’âge de départ pour financer l’effort de guerre ? Les syndicats s’y opposent

Les syndicats refusent l’idée d’un nouveau report de l’âge de départ à la retraite pour financer les dépenses militaires de la France.

Publié le
Lecture : 2 min
Retraite.
Retraite : La suspension de la réforme des touchera-t-elle les carrières longues ?Crédit : Canva | Econostrum.info

Alors que le gouvernement cherche des financements pour son effort de défense, certains suggèrent de prolonger l’âge de départ à la retraite pour alléger la charge budgétaire. Une proposition qui suscite une vive opposition des syndicats, dénonçant une nouvelle remise en cause des droits des travailleurs.

Avec la guerre en Ukraine et la nécessité de renforcer les capacités militaires de la France, l’État cherche des solutions pour financer l’effort de défense. Le président du Conseil d’orientation des retraites (COR), Gilbert Cette, estime que la réforme de 2023 ne suffira pas et suggère de prolonger encore la durée d’activité.

Cette position trouve un écho favorable auprès du Medef. Son président, Patrick Martin, plaide depuis plusieurs mois pour un report progressif de l’âge de départ au-delà des 64 ans, afin d’adapter le modèle économique français aux nouvelles contraintes budgétaires.

Un rejet unanime des syndicats

Les syndicats dénoncent cette approche et refusent toute association entre l’effort de guerre et la question des retraites. Pour la CGT, il est inacceptable de justifier un nouvel allongement de la durée de cotisation par le contexte international. Denis Gravouil, négociateur de la CGT, considère cette proposition comme une remise en cause des acquis sociaux et de la concertation en cours, rapporte Franceinfo.

La CFDT critique également la position du président du COR, estimant qu’elle sort du cadre habituel de neutralité de l’institution. Sa secrétaire générale, Marylise Léon, insiste sur la nécessité de trouver d’autres solutions de financement et propose l’organisation d’une conférence sur les finances publiques pour aborder la question dans un cadre plus large.

Un financement qui interroge

Les représentants des salariés soulignent que l’effort budgétaire ne peut reposer uniquement sur les actifs. Cyril Chabanier, président de la CFTC, dénonce l’idée d’un sacrifice imposé à une seule catégorie de la population. Il pointe du doigt l’absence de réflexion sur une meilleure gestion des finances publiques et sur une contribution plus équitable des entreprises.

De son côté, la CFE-CGC met en avant une autre approche. Plutôt que de chercher à reculer encore l’âge de départ, le syndicat insiste sur la nécessité de renforcer la formation dans les industries de défense. Pour sa représentante, Christelle Thieffinne, il faut avant tout investir dans les compétences et les qualifications des travailleurs pour garantir l’indépendance industrielle du pays.

L’idée d’un nouvel allongement de la durée de cotisation pour financer l’effort de défense ne fait donc pas consensus et suscite des tensions entre syndicats et patronat. Si le gouvernement n’a pas officiellement évoqué une telle mesure, les divergences laissent entrevoir de futurs affrontements sur la question des retraites.

Laisser un commentaire

Partages