Alors que l’âge légal de départ à la retraite est désormais fixé à 64 ans, certains métiers permettent encore de quitter la vie active bien plus tôt. C’est notamment le cas du personnel navigant commercial, qui peut prétendre à une retraite dès 55 ans avec un salaire moyen de 2 600 euros par mois.
Le personnel navigant commercial (PNC), qui regroupe les stewards et hôtesses de l’air, bénéficie d’un régime de retraite spécifique. En raison des contraintes liées à ce métier, marqué par des horaires irréguliers, du stress et une fatigue physique importante, les employés de ce secteur peuvent cesser leur activité dès 55 ans.
Cette exception s’explique par un régime dérogatoire qui vise à compenser les conditions de travail exigeantes imposées par la navigation aérienne. Chez Air France, par exemple, un steward ou une hôtesse de l’air perçoit en moyenne 2 600 euros par mois, auxquels s’ajoutent des primes et des indemnités liées aux vols et aux déplacements à l’étranger.
Des avantages significatifs tout au long de la carrière
Travailler en tant que personnel navigant offre plusieurs bénéfices financiers et professionnels. En plus du salaire attractif, les employés bénéficient de primes de vol, dont le montant varie en fonction de la durée et des destinations des trajets effectués. Ils profitent aussi d’un régime de retraite spécifique, la Caisse de retraite du personnel navigant (CRPN), qui complète leur pension du régime général.
Même si les stewards et hôtesses ont la possibilité d’arrêter leur activité en vol dès 55 ans, certains choisissent de poursuivre leur carrière au sol. À condition de répondre aux exigences physiques et réglementaires du secteur aérien, ils peuvent être reclassés sur des postes administratifs ou d’encadrement au sein des compagnies aériennes.
D’autres professions concernées par la retraite anticipée
Si le personnel navigant commercial bénéficie d’un départ anticipé, il n’est pas le seul. Certains fonctionnaires et métiers pénibles permettent également de partir avant l’âge légal fixé à 64 ans. Les pompiers, aides-soignants, contrôleurs aériens, fossoyeurs et sages-femmes peuvent ainsi prétendre à une retraite à 59 ans.
De leur côté, les policiers, les surveillants pénitentiaires et les égoutiers peuvent cesser leur activité dès 54 ans. Ce départ anticipé est justifié par des conditions de travail particulièrement éprouvantes, qui impactent directement la santé et la longévité des travailleurs concernés.
Certains employés peuvent également partir plus tôt en raison d’une incapacité permanente liée à leur activité. Ceux qui ont subi un accident du travail ou développé une maladie professionnelle peuvent prétendre à une retraite anticipée si leur taux d’incapacité atteint au moins 10 %.
De plus, le Compte professionnel de prévention (C2P) permet aux salariés exposés à des facteurs de pénibilité d’accumuler des points qui peuvent être convertis en trimestres de retraite supplémentaires. Cette réforme a été renforcée en 2023, avec des seuils de pénibilité revus à la baisse pour inclure un plus grand nombre de professions.
Un dispositif réservé à certains métiers exigeants
Si partir à la retraite dès 55 ans avec un revenu confortable reste un privilège, cela concerne avant tout des professions exigeantes, soumises à des contraintes physiques et psychologiques élevées. Les stewards et hôtesses de l’air figurent parmi les métiers bénéficiant des meilleures conditions de départ, mais d’autres secteurs restent concernés par des aménagements similaires.
Avec la réforme des retraites et l’évolution des conditions de travail, ces régimes dérogatoires pourraient être amenés à évoluer dans les années à venir. Pour l’instant, ils restent une opportunité précieuse pour ceux qui souhaitent cesser leur activité plus tôt, après une carrière marquée par des conditions de travail parfois difficiles.