Retard ou annulation de vol : pourquoi jusqu’à 75 % des passagers n’y auront plus droit

Les passagers européens risquent de voir leurs indemnisations diminuées en cas de retard ou d’annulation de vol, une mesure qui pourrait affecter des millions de voyageurs.

Publié le
Lecture : 2 min
vol annulé
Retard ou annulation de vol : jusqu'à 75 % des passagers n'y auront plus droit. Crédit : Canva | Econostrum.info

Mauvaise nouvelle pour les passagers européens qui prennent régulièrement l’avion : les indemnisations en cas d’annulation ou de retard de vol vont être réduites, pénalisant ainsi des millions de voyageurs.

Les droits des passagers aériens en Europe sont actuellement en pleine révision, et les nouvelles propositions suscitent l’inquiétude. Sous la pression des compagnies aériennes, notamment via le lobby Airlines for Europe, les seuils d’indemnisation en cas de retard ou d’annulation de vol pourraient être modifiés. Selon plusieurs associations de consommateurs, telles que l’UFC Que Choisir et le CLCV, ces changements risquent d’affecter jusqu’à 75% des passagers.

Actuellement, le règlement européen 261/2004 permet aux passagers de demander une indemnisation lorsque leur vol est annulé ou retardé de plus de trois heures. Les montants varient selon la distance du vol : 250 euros pour les vols de moins de 1 500 kilomètres, 400 euros pour les vols entre 1 500 et 3 500 kilomètres, et 600 euros pour ceux de plus de 3 500 kilomètres.

Cependant, les révisions envisagées par les compagnies aériennes prévoient de réduire ces seuils, en augmentant par exemple le temps de retard nécessaire pour déclencher une indemnisation. Ainsi, un retard de 9 heures sur des vols de moins de 3 500 kilomètres pourrait être exigé pour bénéficier de 400 euros, tandis qu’un retard de 12 heures sur des vols plus longs de plus de 6 000 kilomètres permettrait d’obtenir 600 euros.

Un recul majeur pour les droits des passagers

Les associations de consommateurs dénoncent une mesure qui irait à l’encontre des droits des passagers. Selon elles, cette révision des seuils exclurait une grande majorité des passagers victimes de retards de moins de quatre heures. De plus, les compagnies aériennes demandent une clarification des « circonstances extraordinaires » justifiant une indemnisation, ainsi qu’une obligation pour les passagers de demander eux-mêmes leur indemnisation dans les six mois suivant l’incident.

Ces conditions risquent d’accroître la complexité et de limiter l’accès des consommateurs à leurs droits. Les experts de l’aérien jugent cette révision paradoxale. Anaïs Escudié, fondatrice du site RetardVol, indique à BFMTV que les montants d’indemnisation n’ont pas été réévalués depuis plus de 20 ans, tandis que le coût de la vie a considérablement augmenté. Selon elle, les montants devraient être ajustés à la hausse, plutôt que d’être réduits, en prenant en compte l’inflation.

Appel à l’action pour protéger les passagers aériens

Les associations de consommateurs demandent aux parlementaires et aux États membres de préserver les acquis actuels des passagers aériens. Elles estiment que la révision des règles d’indemnisation, telle qu’elle est proposée actuellement, constituerait un mauvais signal pour la confiance des consommateurs dans le secteur aérien, d’autant plus que les compagnies aériennes réalisent des bénéfices records.

Le projet est encore en discussion, et la Commission européenne devra négocier avec le Parlement et le Conseil pour trouver un compromis. Les passagers doivent rester vigilants quant à l’évolution de ce dossier qui pourrait profondément modifier leurs droits en cas de perturbation de vol.

Laisser un commentaire

Partages