Réarmement de la France : combien va vraiment vous rapporter la mobilisation de votre épargne ?

Le gouvernement envisage d’orienter une partie de l’épargne des Français vers l’industrie de la défense. Plusieurs options sont sur la table, mais avec quelle rentabilité pour les épargnants ?

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Un tirelire avec des pièces tombant à côté d’un uniforme militaire français, illustrant le lien entre épargne et financement de la défense.
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Face à l’augmentation des dépenses militaires, l’État cherche de nouvelles sources de financement. Parmi les pistes évoquées, l’épargne des Français pourrait être mise à contribution via des placements dédiés. Plusieurs scénarios sont à l’étude, allant d’un nouveau livret réglementé à des investissements en assurance vie ou en obligations d’État. Reste à savoir si ces solutions offriront un rendement attractif pour inciter les épargnants à participer.

L’une des options les plus discutées est la création d’un livret d’épargne dédié, calqué sur le Livret A ou le LDDS. Ce produit financier permettrait aux Français d’investir directement dans l’industrie de la défense en toute transparence. Cette solution aurait l’avantage d’être accessible à tous et facilement compréhensible.

Une alternative serait de rediriger une partie des fonds déjà déposés sur les Livrets A vers les entreprises de la défense, plutôt que de créer un nouveau produit financier. Actuellement, 40 % des fonds du Livret A sont déjà gérés par les banques pour financer les PME et ETI françaises. Une réallocation partielle vers l’industrie de la défense serait donc une option simple à mettre en place.

Selon Capital, si cette solution est retenue, le taux de rémunération serait probablement aligné sur celui du Livret A, soit 2,4 % depuis février 2025. Un bonus de rendement pourrait être envisagé pour rendre ce placement plus attractif.

Un emprunt d’État pour financer la défense

Autre scénario envisagé : le lancement d’un grand emprunt national destiné à financer l’industrie militaire. Ce modèle a déjà été utilisé dans le passé, notamment avec les emprunts Balladur, Barre ou Mauroy, qui proposaient des rendements compris entre 6 % et 10 %.

L’idée serait d’inciter les Français à prêter de l’argent à l’État en échange d’un intérêt régulier, versé sous forme de coupon, avec un remboursement du capital à échéance. Toutefois, pour attirer les investisseurs, ce placement devrait offrir un rendement compétitif. Actuellement, les obligations d’État françaises à 10 ans affichent un taux d’environ 3,5 %. Un futur emprunt défense devrait donc proposer au moins autant pour séduire les épargnants.

L’assurance vie et le PER en tête des produits d’épargne ciblés

Le gouvernement envisage également d’orienter une partie de l’épargne placée dans des contrats d’assurance vie, des plans d’épargne retraite (PER) ou des plans d’épargne salariale (PEE) vers l’industrie de la défense. Ces fonds pourraient être investis sous forme d’unités de compte dans des entreprises du secteur.

Ce type d’investissement, bien que potentiellement plus rentable, présente un niveau de risque plus élevé. Certains fonds de private equity affichent des rendements allant de -2,4 % à 5 %, mais dans certains cas, les performances peuvent atteindre 8 % à 10 %. L’Autorité des marchés financiers (AMF) rappelle toutefois que ces placements restent volatils et nécessitent un engagement sur le long terme.

Un choix stratégique entre rendement et engagement

L’État doit encore arbitrer entre ces différentes solutions et préciser les conditions de rémunération des épargnants. Si ces placements peuvent représenter une opportunité pour ceux cherchant des rendements attractifs, ils s’accompagnent aussi d’un enjeu politique et éthique. Certains investisseurs pourraient être réticents à voir leur argent financer le secteur de l’armement.

Les discussions entre Bercy, les banques, les assureurs et les fonds d’investissement se poursuivront lors d’une réunion prévue le 20 mars. À cette occasion, les contours de cette mobilisation de l’épargne devraient se préciser.

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